La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

HEVt.:E DES HE\"UES 33;l <1u'ib expliquent et qui en e,t la souree l'éritahle : e'cst le laborieux enfantement d'un temps el d'un régime. nou,·caux. Le siècle qui s'ac-hè,·c n'emporte pas seulement avec lui l'histoire ècoul{,c d'un cycle de cent années, il marque, dans ges dcrnii-res heure,, l'irr6m6ùiahlc cl,',elin d'une doctrine déchue et d'un sy,ti·mc épui,é ... C'e,t le siècle de l'individualisme qui ,écroule en ruines, .al'ec la, Mnception sociale cl l'or~ani,ation politique qui furent son expression, la toute-pui~sanec de la richesse cl le pou,·oir ah,olu de la bourgeobie mat6riabte. Longtemps florissant et incliseuté, l<' régime s'cffond,·c aujourd'hui de tous côtés, comme un édifice surchargé, par l'excès m,·mc de son dél'cloppcmcnt. C'est un âge qui finit, tout le monde le sent, et comnw au'- dernières annècs du xv111•siède, il se fait partout, dans tous les milieux, dans tous Je, esprits, un tra,·ail de transformation. dont l'activité augmente à tout instant. Les l'icux moules polili11ues l'l sociaux sont bri,é·s, leurs morceaux disjoints ne sont plus qu'à peine assemblés. Que sera le moule de la soeiél6 nou,·ellc î l'Oilà la question qui agite l'uni\'er~. Ceux qui ne l'entendent pas s'endorment dan~ un func,tr sommeil; ils rcssemhlcnt au roi Louis XYI, demandant, au soi,· du 11 juilld 17~!), ,i c'était une ré,·oltc. ,\ eux aus,i, il faut 1·éponclrr: (''c,t une ré\'olution, la plus profonde, la plus enticre qui se soit prnais annonc·ée au monde. Et comme dan, toutes le~ ré,·olutions $OCiales,c·c,t la prop,·iété qui en sera l'enjeu; car, ain~i qu·autrdois la propriété féodale et la propriété ecclésiastique ont été le, ohjet, prineipaux de~ rel'endication, de l'égalité, aujourd'hui la propriété flnancicl'C et la propriété iIHlu,triclle c,cilènt, au m,·me degré, les passions i1Titées par ,l'insuppol'lahlc, abus. La luth' est ou,·crlc entre les deux classes qur, le siècle de la bom·gcoi,ic a formée~ cl niaint,,nucs, celle des salaires et <"Clicqui pos,ède les instruments de lrnrnil. îdtc lutte est toute -l'histoire de notre temps : le peuple y c,t engas:é tout enlier, et il répète comme un mût cl'ord,·c, en la tournant à son profit, la parole qui fil, il y a cent ans, h fortune de 8es matll·cs : • (~u·c,t-cc que le c1ualrième état t Hien. (~uc doit-il ètre î Tout. » On ne saurait mieux poser la question, et l'on comprend aisément qu'en se plaçant sur ce terrain, 1'.tissocicilion culholi<jul' ne puisse continuer à être l'organe officiel de l'œuvrc des cercles ouvriers. Sous ce titre: Lrt fin d'une Race, M. de Varigny nous donne, dans la Revue des Deux Mmvles du 13 février, le récit navrant des circonstances qui ont précédé et marqué la récente insurrection des Sioux. Le chef de cette insurrection, tué au début des hostilités, est un héros de Cooper; il s'appelait Sitting Bull, le « Taureau assis». C'est lui qui, en 1876, déjà commandait les Sioux, dans l'insurrection que le général Sheridan réprima à grand'peine. l\I. de Varigny cite de lui des mots épiques à la Léonidas. A l'entrée de la campagne de 1876, le général Crook le somma de se soumettre. Sitting Bull répondit ces simples mots: « Viens me prendre. Je t'attends. » Il tint la campagne pendant plusieurs mois, parvint à massacrer le détachement du général Custer, qui périt dans l'action, et lorsque ses compatriotes, traqués par des forces supérieures, durent mettre bas les a1·mes, lui et sa bande gagnèrent le Canaçla.

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