La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

REVUE DES REYüES 231 pies, de mœurs et de race absolument distinctes. L'Arabe est un nomade réfractaire à. la civilisation, tandis que le Kabyle, indigène que le premier avait conquis, est un peuple agriculteur, que nous aurions pu sans difficulté élever jusqu'à. nous. Malheureusement, on a donné le Kabyle à gouverner au grand sei~neur arabe, qui l'a volé et a fait de sa victime un ennemi de la France. JI. Jfoyners d'Estrcy pense qu'il y a un million de Kab~ les qu'il nous serait possible de nous attacher, si nous lem restituions leurs lois leurs coutumes· si nous leur procurions des terres fertiles et si no~s les protégion~ contre les Arabes. - l'ious partageons absolument l'avis de M. :'.\leyners. Les lecteurs de la Revue socialiste qui lui font l'honneur de suivre ses travaux depuis quelques années, se souviennent-ils <lel'incident provoqué dans l'Association catholique, pat· la publication, dans cc recueil, d'une série d'études du plus haut intérèt sur la nécessité <l'une nouvelle organisation du travail, et dont l'auteur était JI. Lœséwitz'? La retraite de ce rédacteur fut jugC:·eindispensable, à la suite d'un article concluant à la socialisation du capital, article qui jeta une émoi ion profonde dans l'illuvrc des cercles. :'.\Id. e :.lun prit la plume, à cette occasion, pour rassurer les alarmés ,-,ur les tendances de certains rédacteurs de l'Association. Je signalai l'incident dans un article de la Revue socialiste intitulé : L'É1Jolution de JI. de Mun. Il me fut répondu par l',lssocialion <1u'iln'y avait ni évolution ni contradiction dans la conduite du leader de~ cercles, et que l'unité de la doctrine religieuse, sur laquelle reposait cette œuvre, écartait it jamais l'idée d'une division possible au sein des catholi<1uesvoués à la recherche des solutions sociales de notre temps. Depuis, les événements se sont cha1·gés d'infliger un démenti formel à ces assurances d'unité <loctrinalc, ci nous avons pu entendre, à la tribune de la Chambre, l'évêque d'Angers désavouant l\I. de Mun, invoquant contre lui les libéraux catholiques de l'école de Louvain, affirmer qu'en matière d'intervention et deprotection sociales, le catholicisme laissait à la conscience de ses fidèles une latitude très grande. Finalement M. Freppel a fondé une Société catholique d'économie sociale, dont les tendances diffèrent radicalement des desiderata sociaux formulés dans l'.t-lssociettion cuthotü1ue. Que s'est-il passé au sein de l'illuvre des cercles, où les conflits de doctrine ont dù être portés'? nous l'ignorons. Toujours est-il que l'Association catholique cesse, à pa1·tir de janvier, d'être l'organe de l'Œiwre des ce1·clesouvriers. Un avis dans l'intérieur de la couverture nous en prévient, et un appel de ::ir. de l\Iun aux lecteurs de l'Association les entretient du changement survenu. M. de Mun dit

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