2ü LA REYUR SOCIALISTE ductifs d'intérêts et qui sont immobilisés, tant que les blés achetés ne sont pas revendus. La constitution de grands magasins d'approvisionnement, se chiffrant par centaines de mille quintaux de blés ou de farines, entraîne donc des loyers de capitaux considérables, économisés par le systèlnc actuel des achats, sur les marchés de la production internationale, au fur et à mesure des besoins. A cette économie vient s'ajouter celle des frais de transport des entrepôts de Paris, si les blés étaient emmagasinés dans l'intérieur de la capitale, aux moulins qui avoisinent Paris, mais n'existent ni dans Paris, ni dans sa banlieue. Il y aurait là des frais de chargement et de débarquement doubles ; de Paris au moulin, du moulin à Paris. Les importateurs aiment mieux simplifier l'opération. Les chargements qui leur parviennent au Havre, à Cherbourg, à Rouen, à Dieppe ou dans tout autre port, sont directement expédiés, sans frais de magasinage, sur le moulin où le grain est converti en farine. De là, les farines sont directement expédiées sur les lieux de consommation, a!Tranchies de diverses opérations de main-d'œuvrc, dont l'économie est un profit net pour les importateurs. Ce système, du point de vue où se placent ceux-ci, qui est de gagner le plus d'argent en réduisant le minimum des frais, est, incontestablement, lo meilleur qu'on puisse pratiquer. Il a cntralné la suppression du marché de Paris, déplacé à Rouen, le Jlavrn, etc., et pourrait, à un moment donné, provoquer de grands désastres, puisque, en cas de complications internationales, il nous réduirait à la famine. 11ais les spéculateurs n'ont pas la charge de veiller, dans leurs opérations, au salut de la patrie. Ils veulent gagner de l'argent. Or un gain beauéoup plus grand leur est assuré par le fonctionnement actuel de la distl'ibution du blé ; d'autant plus qu'il les rend non seulement les maîtres du marché de la consommation, mais encore de la production française. Ainsi que le fait remarquer M. Deligny, meuniers et importateurs sont les maîtres du marché, à raison même de leur système d'achats, consistant à ne pas dépasser de beaucoup leurs besoins immédiats. Sur les marchés français, en effet, ils ont les coudées plus franches que sur les marchés étrangers. La spéculation internationale n'étant pas encore syndiquée, les puissances financières se trouvent souvent en compétition à Odessa, à Chicago, et se livrent alors des batailles formidables, meurtrières, parfois. à l'une des parties belligérantes. Sur le marché français, au contraire, le syndicat n'a devant lui que des cultivateurs isolés, auxquels il peut impunément dicter des conditions. Ses courtiers, disséminés sur tous les points du Nord, du Centre et de l'Ouest, lui font une armée vi-
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