LE PACTE DE FAMINE 2ï gilante et sûre, chargée d'acheter au plus bas prix et ù des périodes déterminées par l'état du marché. Quelque petit spéculateur Yeut-il effectuer une opération, indépendamment du syndicat, une rafle subite le désarçonne, après quoi celui-ci suspend ses achats, toujours mesurés par les besoins courants de la consommation immédiate. Cette lenteur des achats a pour conséquence, d'une part, d'économiser le loyer des capitaux qui nécessiterait l'approvisionnement de grandes quantités; de l'autre, de tenir les cultivateui·s bcsoigneux à ,:a discrétion. Ceux-ci, non seulement paient l'intérêt de leur blé en grange, aYec tous les frais de manutention et d'entretien qu'il exige pour sa conservation, mais encore se voient forcés, par le besoin d'argent, de le livrer à un prix moins rémunérateur, <1uand les lenteurs calculées du syndicat les a conduits au bout de leurs ressources. Donc, la constitution du commerce des grains en syndicats et l'économie des frais généraux que ce syndicat a voulu réaliser, sans aucun souci des périls que les voies et moyens pour atteindre on but font courir aux intérêts de la défense nationale, telles sont les causes qui ont présidé au système d'alimentation précaire de la population parisienne. Ces causes connues, la solution à intervenir, pom· modifier l'état de choses actuel, se dégage des termes même du problème, qui se pose ainsi : rétablir à Paris un entrepôt de blés et do farines proportionnel au chiffre de sa population. - Pour cela, il faut luttc1· contre la puissance économique du syndicat, qui détient le monopole du marché parisien, dont la consommation lui livre en môme temps le marché de la production. Il ne s'agit donc pas seulement d'emmagasiner di. blé à Paris, mais de rendre son entrepôt accessible aux blés de toute provenance, qui y trouveront un débouché naturel et assuré. Le projet présenté au conseil municipal do Paris, dans la séance du 2!) octobre, contenait les principaux éléments de cette solution. Après le dépôt, par M. de Freycinet, du projet de loi sur l'approYisionncment des places fortes, il no reste plus à l'assemblée communale qu'à en adopter l'économie, sauf à compléter les lacunes, ou à rectifier les points défectueux, qu'un examen approfondi ferait décoU\·rir (l ). (l) C'est surtout par co petit cvté do compétence et d'attributions quo la question do l'approvisionnement d" Paris a été cn\'isagée au Conseil municipal, <lesorte <1uol'on peut espérer \'Oir re,enir un grand nombre <lenos collègues sur leur \'Ote hostilu ,, la création ,rune réserve. \"oici, en effet, uelquc~ extraits du Bulletin municipal qui prouvent quo nos adversaires \
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