LE PACTE DE FAMINE par les gelées et souvent par les réparations. De li1une impérieuse nécessit(, de faire des approvisionnements pendant la période d e forte mouture pour pourYofr aux insuffisances des mortes-saisons; car la consommation n'a pas et ne peut pas aYoir d'intc1·ruption. « _\.ujour<l'hui, la vapeur a concentré le traYail de la mouture dans de grandes usines, qui ont absorbé tout le commerce <les blés e t farines et n'ont laissé aux petits moulins qu'un restant de la mou - ture pour la consommation locale. « Les anciens grands moulins ont été tout naturellement les centres autour dcs71ucls et pa1· lesquels cette grande évolution s'es t produite. Il en est ré.~ulté entre les mains d'un petit nombre d e grandes maisons un monopole de fait, qui s'est aITcrmi par le syn - dicat fo1·méentre elles. « Cette organisation d'un monopole, très fortement constitué, domine le marché du blé. Elle n'achète it la culture qu'à l'heure et au prix qui lui co1wienncnt ; elle domine la boulangerie, clic domin e le consommateur. Le monopole n'est limité, dans l'exploitation <les a ~ituation dominante, que par la seule prudence; car il comprend <Ju'ily a un moment oü l'initation d'une population trop rançonnée peut devenir terrible. » Ainsi, concentration des moyen:, de mouture par le.:;propriétaires des grands moulins, et constitution de ceux-ci en syndicat, organisé pour faire la loi aux producteurs de blés, dans les achats faits e n vue d'alimenter leur fabrication - telle a été la conséquence première et naturelle de la rérnlution industrielle su1·,·enuc dans l a production des farines. ~lais cc n'est là que le premier stade de l'é,·olution. Le syndicat des meunier,;, acheteurs aux sources de la production française , aYait dcYant lui les importateurs de hlé ctranger, dont la con - currence pou,·ait nuire, dans une certaine mesure, à ses opé1·ations et fam,scr les prix, par l'introduction de,; produits de Chicago ou d'Odessa. On sait cc qui se passe d'habitude, <1uan<la concurrence se restreint à quelques-uns. Cnc entente ne tarde pas à se faire. C'est cc qui e t arrivé également dans la circonstance qui nous occupe. Meuniers et importateurs se sont confondus, et cette asso - ciation nouvelle a singulièrement accru la puissance d'absorption économique des uns et des autres. Grâce il. leur union étroite, ils ont pu diminuer dans des· proportions sensiblement appréciables les frais généraux de transport et de manutention, supprimer le marché de Paris, les avances pour achat de blé, et se rendre maitres ainsi du marché de la production et de la consommation. Les achats de blé par grandes quan 1tités, destinées à rester un certain temps en magasin avant que de s'écouler dans la consommation, nécessitent, en cITet,l'avance de grands capitaux, pro-
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