LA Hl:.VUE !:-OCIALl~TI:: II. - Félléntlion om•,·fr,·e suis~e. Le 10 an-il 1887 se l'éunissaient en eougrès, i1 Aal'au, sur la co1ffucatiun <lu Grütli, les délégué-. <le toutes les -.ociété,, ouvrières existant en Suisse, sans distinction d'opinions politi(1ucs ni religieuses. Il était à craindre que la préscnc·c, dans une même assemblée, d'éléments au si hé·térogèncs ne pr<ffoquàt de.,;di,·i:;ions et des rin\lités infinies. EfTectiYement, dans celt<' mémorable Coll\·ention nationale de la clas~c ouvrière sui:<se, d<·s ùi\'ergcnccs assez Yive,; se produisirent, <1uipurent faire Cl'aindre un instant que la magnifique initiati,·c du Gl'iillit-e,·ei,i arnrtùt. Grâ<:c ü l'espl'it de concorde qui ani111aittous les délégué::;, les divergences se réduisirl'nt à troi-, points principaux : 1 ° Le,, délégm·•-;des sociétés de Berne et de-, e1wirons auraient voulu que la capitale de la Confédcration fùt le sii.-g<'clc la Fédération en \'Oie de formation; :1° Quelques délégués prutc,,tant-- ou lihres-pen;,curs proposaient l'ex<:lusion d<'s sociétés ultramontaines, telles que : le Piusve1·ein (société suisse de Pic I:-.:), les Soriétés r11llwlù111esouv1·ii•1·<·s, les . 'ociétés c111huli111w:; de seco11 l'S, etc. ; :.:• Les nationaliste-; exclusifs ,·oulaient éliminer Je,, ouvrier,<; étrangers des société~. l::iurle premier point, on convint de ne pa~ faire de Berne, siège tle b Confédération, Il' chef-lieu de la Fédération ounière, afin de ~oustrairc celle-ci à l'influence des sphèt·(·s officicllcf'. En cc qui concernait les ultramontains, les délégués tolérants i1woqui•rent les ,crYices rendus par certains d'entre eux, pa1-ticuJièrement par M. Decurtins, le chef populaire de la fraction socialiste de cc parti, à la cause ouvrière. :\f. Curti, rédacteur en chef du journal socialiste la Ziil'dte,· Post, demanda à b majorité « de ne point pratiquer l'intolérance qu'on reproche aux ultramontains », en excluant ccux-<:i d'une association destinée .\ améliorer la condition générale du prolétariat tout entier. - Une infime minorité rnta leur ei,,.clusion,repoussée à une immense majorité (1). l Celle aùmi,,ion des ultramontain, u·a rien qui cloi,·c n<JUs,u1·1u·c111lre.En '-.uisse, où il a perdu depuis lonµ-temps -.on inltuenec prépondérante, le parh "atlwli11u1•ne représente pas, t'om11H' ,,n Fra,we et en llalic, un parli tradi- ""nncl de despoti•mrn et d'oppression politi,Jtw et su,·ialc, dont l'action s'e,;l tait ~cntir dans toutes les réJll'<.'"-"-ion~ qui ont cn-..:an~lanté le xtx.• siè"lc, dPpub 1,·, tu,,i·1cs de !\lodcne jusqu'à la honcherie de la :-icn,a.inc sandante. ,-,; l'on ajoute que la :-;ui,se protestante et ,·atholiquc est re,t,··o un pays encore Iré~ religieux, mais pratiquant une large toléran<'e nécessitée pat· la coexistence de dem. religions, on comprcn1lra ai>émcnt qu'une infime mi1101·itéùe sectaires
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