La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES CONDITIONS DU TRAVAIL DANS LES PAYS ÉTRANGER'::5 291 société modérée souffrit de la concunence de l'Internationale. Elle refusa d'adhérer à la nouvelle association qui lui enleva de nombreux adhérents. Après b chute de cette dernière, le Grütliverein reprit son déveveloppement. Il n'a fait que grandir depuis, lentement, sans secousses, son action et sa puissance s'étendant de jour en jour, à mesure que son programme progressait lui-même, se complétait, dans la mesure où une association de cette sorte peut en avoir un. Le Grütli ne repose pas, en eITct,sur un programme politico-social rigoureux, comme nos sociétés françaises. li admet les adhérents de toute confession religieuse, et ses membres peuvent diITérer grandement en matière politique et de religion. 1 éanmoins, la grande majorité est démocrate-socialiste ; elle accepte à peu près complètement les grandes lignes du programme que nous tracerons plus loin, et qui n'est qu'un minimum de réformes urgentes, se complétant et s'élargissant tous les jours. M. E. Arago cite quelques chiITres intéressants, relatifs aux progrès faits par la Société du Grütli, dans le recrutement de ses membres, pal'ticulièrement au cours de ces dix dernières années. « De 1880 à 1&l5, le Grütliiwein comptait environ :W0 sections et 7,000 membres actifs. Les cotisations des associés produisaient annuellement de 70 à tl0,000 francs. _\.u30 septembre 1880, les sections, d'après le der.nier rapport du Comité central, étaient au nombre de 301 comprenant 1\520 membres actifs. Les coti,ations annuelles représentaient une somme de 170,000 francs, tandis que le capital, véritable fonds de réserve, amassé par l'ensemble de ces 301 sections, dépass::.it n3,0üü francs. » Ces chiITres sont d'une éloquence significative. Cependant, ils sont loin de représenter le bilan de progrès réalisés par l'csp1·it d'association suisse pendant cette période. A côté, en eITet, du Grütli\·ercin, la plus importante de toutes, se sont développées, prospères, une foule de sociétés, de corporntions et de buts divers, dont le nombre des adhérents a été toujours croissant. ~lais au Grütli et à. son président, .\I. 1::,chcrer,revient l'honneur d'avoir tenté et réalisé de fondre, dans une immense Fédération, ces forces éparses; de les avoir groupées en un faisceau compact, d'en avoir fait un tout robuste, un corps solidement constitué, avec des organes spéciaux de délibération et d'action sociale, fonctionnant régulièrement. A la vénérable et riche Société du Grütli revient, en un mot, l'honneur d'avoir créé la Fédération ouvrière suisse et son organe, qui n'a rien d'analogue dans aucun pays: je veux parler du Secrétal'iat ouvrier.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==