La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES CO 'DITIONS DU TR.-\Y.-\IL DA.\"S LES PAYS ÉTRA~GERS 2'J:J Enfin, on prit un moyen terme pour les sociétés ounières comprenant des étrangers. On décida que ceux-ci pourraient, comme par le passé, s'affilif'r aux di1·crscs société:; suisses, mais qu'ils ne prendraient point part à la nomination des délégués pour lrs a,scmblées générales de la Fédération ( 1). Ces trois questions résolues, on put procéder, séance tenante, à la constitution de la Fédération, à la tête de laquelle on décida de placer un comité central, un comité-directeur et un secrétariat ounicr, dont les attributions diverses furent discutées et votées à la presque unanimité. Ce travail considérable s'efTcctua en un seul jour, le LO avril 18gï, et, quelques jours après seulement, les sociétés s'assemblèrent pour nommer le comité central, qui put entrer en fonctions le 1 l mai suivant. Ce même jour encore, nous dit ~I. Arago, en deux séances de trois heures, on élabora un règlement définitif pour le comité central, pour le comité directeur, pour le secrétariat ouvrier, et un progrnmme des travaux du secrNariat; on entendit les exposés de principes des candidats aux fonctions de o:ccrétairc, et on nomma, pour une première période triennale, un ~tatisticien distingué de Zurich, M. Hermann Grculich. Parmi les importantes sociétés dont les délégués assistaient à la formation de la Fédération ouvrière, ~I. Arago nous donne la liste des suivantes, que nou-; rcproduison,; it titre de document d'un haut intérêt : pt'ùle~tants ail, :-i1•t1lt>, r,~fu,é aux ~O(•iétr·" f'atholiques ln1r admission au s(\in do la Fédération. (1) Comme tous les polit~ peuplo, dont la nationalité ,oul'rnt menacée n'a été couqui:--.cet ~nuvegardé0 qu'au pri\. d'héroîqttc:-, sacrifice-.., les :,,.:,uissesont des nationaliste, iri'; jalou ,, clos par1iculari,!cs cléflanb. C<'tk déflancc ne pro,·ient pas, ccpenclant, comme on pourrait l" croire, d'un chau\'ini~me outré, d'une haine ou d'un mépris stupides pour l'i,trnoger. Mais la libre terre de l'lleh·étie ost depuis un ,ii•do l'asile de la proscription de l'Europe. Tout ('0 que l'Occident compte do persécutés, de condamnés é,·adés et de bannis so réfugie sur ..r sol, p,•lo-rni•le a\'ec k, agents prol'ocalours qur chaque gou- \'erneme11t y entretient pour fomenter ùos complob et des insu1Teetio11s. r .'affaire de \\'olgomutl1 cl des homhcs cil, Zurich a démontré sufflsamment !Ps guotapons jourIH'lloment te,1dus à la Répuhlictuo suisse par les monarchies europ{•cnncs. Dans c,•s condition,, le gouvomement et le peuplo sont tonus à une gralllle circonspcdion. ! .es élrangors ont tout,• latitude de s'associer entre eux, d'entrer m,'me dans les sociétés ouuicrc,, où leur action prut être aisément surrnilléc. 1."asscmh\,'•c fi·,lfralo des délégui'•s a a1ti sagement en les (•cariant do la nomination ,ks memh,·es du parlement ou\'J'icr .. \joutons que los sociétés ou\Tièros suisses no réclamonl aucune mesure contre la présence dos ouvriers étrangers, particulièrement des Italiens, qui font cependant une concurrence appréciable /t la main-,l'œuvro nationale.

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