La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

281 LA HEVUE SOCIALISTE lution un "'Ouvcrnemcnl qui se soit occupé de l'agricuHure d'une manière sérieu$C el ~ui,·ic ! Foyers hrûlants de la Yiepolitique, les villes ont tout absorbé. Elles ont cou,·ert <lu bru il de leurs agitations les gémissements des cultivateurs pris à la gorge par les usuriers. Le percepteur ! Entre le pournir et le paysan, il n'y a guère jamais eu d'autre intermédiaire que celui-là. Aussi, interrogez cc pauHc homme qui halcltc entre les exigences du fisc cl la crainte d'une expropriation, interrogez-le sur la politique, il vous répondra : la politique, c'c,t l'impôt I Interrogez-le sut· la tyrannie, il vous répondra: la tyrannie, c'est l'usure. En surcroît de l'action bienfaisante de la socialisation du crédit dont nous parlerons dans la prochaine. étude, l'usure si ruineuse pour le paysan serait combattue dans notre système par le ,varantage appliqué aux magasins généraux, d'autre part les prolétaires agricoles seraient soustraits aux misères des chômages d'hiver por l'accès étendu à tous des chantiers des travaux publics qui, très réduits, sinon supprimés pendant l'été, pourraient être développés outre mesure pendant la mauvaise saison. Enfin le perfectionnement des voies de transport, la fécondation du sol et l'amélioration des cultures qui résulteraient des grands travaux publics sagement distribués engendreraient un accroissement de production agricole dont tout le monde bénéficierait. Rien ne s'opposerait d'ailleurs, vu les ressources croissantes du ministère du travail et des communes qui auraient participé aux entreprises de leur région (1), à ce que l'on prît d'autres initiatives. De ce nomb1·e pourrait être l'ouverture 'd'immenses ateliers sociaux de fonderie et de mécanique où l'on produirait en grand des machines agricoles qui seraient louées aux syndicats agricoles des campagnes. Les travailleurs des champs qui, d'autre part, auraient sous les yeux les procédés de culture scientifique des domaines modèles de l'Etat, seraient ainsi allégés, et facilitées seraient les associations agricoles préparatrices de la socialisation désirable du sol. D'ailleurs, on pourrait agir plus directement. François Vidal, secrétaire, avec Constantin Pecqueur, de la Commission ouvrière du Luxembourg, présenta en 1848 un projet où il y a beaucoup à prendre: « Je demande la fondation de 86 colonies qui seront à là fois des ateliers permanents de travail et des écoles modèles d'agriculture; qui absorberont la population exubérante des villes et qui retiendront clans les campagnes les paysans qui affluent dans les (1)Les terres conquises produiraient une rente sociale; les montagnes reboisées, ùes revenus; les Jteuves canalisés, des annuités, et ainsi du reste.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==