, 24 LA REVUE SOCIALISTE de Paris où les consommateurs trouveraient un stock de grains inépuisal;le, quel changement dans le mode d'alimentation existant! quelles facilités, surtout, pour constituer, dans des conditions régulières, à bon compte, l'approvisionnement et les réserves municipales! A cet immense silo, le gouvernement pourrait prendre, sans risquer de pcrti1rber les cours, les quantités qui lui seraient nécessaires pour les diriger sur les places fortes de l'Est; et réciproquement, il pourrait ramener sur le marché, sans crainte d'être contraint de les céder à vil prix, les quantités renouvelables, arrivées au terme de leur période de conservation en magasin ... Je ne parle pas du stock permanent que nécessite la consommation journalière de Paris et <le sa banlieue. Ce stock, aujourd'hui insuffisant, ne serait qu'une partie minime du stock général, incessamment renoll\·clé par les véntes de la production et les achats de la consommation. Pourquoi donc, encore une fois, Paris, si bien situé pour la fonction circulatoire que nous venons de décrire, fonction qu'il remplit d'ailleurs pour une foule d'autres produits, pourquoi, disons-nous, Paris est-il réduit à vivre, au jour le jour, des arrivages de l'importation? Ce fait anormal tient à des causes diverses qu'il faut dégager pour trouver la possibilité de le modifier et de rendre à Paris la fonction commerciale qui lui est assignée en matière de grnins, autant par son emplacement que par la multiplicité des moyens de transport fluviaux et ferrés dont il dispose. La première de ces causes, et la plus importante, est d'ordre économique, et elle se confond, dans l'évolution générale, avec les phénomènes SUJ'Vcnusdans toutes les branches de la production contemporaine. Elle a son origine dans la généralisation de la force vapeur, substituée aux antiques moteurs hydrauliques, pour la production des farines. Voici comment .M. Dcligny analyse l'évolution des changements que cette révolution industrielle a produits dans le mouvement des blés et des farines : « Avant l'intervention de la vapeur, dit-il dans un remarquable rapport à ce sujet, les moteurs naturels hydrauliques et aériens concouraient seuls au travail de la mouture. Il y avait, suivant l'importance des cours d'eau et des chutes, des grands et petits moulins ; mais, les grands ne pouvant suffire seuls à la besogne, les petits, après avoir satisfait aux besoins de la consommation locale, concouraient avec les grands à fournir des farines au commerce général. « La puissance de production de chaque région était limitée par les forces hydrauliques disponibles. Ces forces, en général, devaient travailler constamment pour alimenter le marché, mais leur action était suspendue ou réduite, en été, par le manque d'eau; en hiver,
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