LA REVUE SOCIALISTE Jemasque de certains intérêts régionaux, stérilisent les plus fécondes initiatives. Dans le nouveau système, les grands travaux d'utilité générale seraient simplement sériés par rang d'urgence, et_on laisserait au Ministère du travail (ou aux communes en certains cas) le soin de l'exécution, étant entendu que ces travaux sont destinés surtout à parer aux époques de crises. Dans cette hypothèse, le Ministère du travail, qui disposerait déjà d'un budget de plus d'un milliard (1), en emploierait la plus grande partie dans le sens indiqué plus haut aux grands travaux d'utilité générale ayant pour but l'amélioration du sol et le perfectionnement de l'outillage, ce qui constituerait un véritable accroissement du capital productif. A cet avantage s'ajouterait celui de plus-values croissantes, que le Ministère du travail emploierait au développement des institutions socialistes et à l'allégement des charges budgétaires (2). (1) Les re~sources du Ministfre <lu t,,acail pourraient être établies de la sorte: :l.lonopole de la YCnlede l'alcool \:0.1A. lglavc évaluait le produit net de cette industrie d'Etat à 800,000,0001... . Tabacs .............................................. . Poudres et cartoucheries ............................. . Domaines et forêts ................................... . .\ llumctlcs ............................................ . Produits divers ....................................... . 700.000.000 300.000.000 100.000.000 40.000.000 10.000.000 10.000.000 Total .................................................. 1.IG0.000.000 qui toujours irait en s'accroissant, notamment pour les chapitres domaines et fol'éts et produits di,·ers. (2) Pour bien se convaincre, d'autre part, que nous ne demandons pas à l'Etat plus qu'il ne peut donner, que le lecteur compare aYec le plan de M. de Freycinet en 18ï8. Le ministl'C des travaux publics réclamait cinq milliards em·iron pour l'achc- ,·emcnt des Yoies ferrée~ et des \'Oies navigables. La communication fut faYorablcmcnt accueillie par le Parlement français et deux lois furent votées pour ce qu'on appelait l'achèvement de notre outillage national. L'une, du li juillet 1879, concerne les chemins de fer; l'autre, du 5 août 18i9, f'Oncernant le,; voies intérieures navigables. L'exposé du projet de la première de ces lois, présenté à la Chambre des députés par Je ministre des travaux puulics le 4 juin 1878, et un rapport sur la seconde, adressé par le mi•me miuistre au président de la République le 16 janvier 18ï8, évaluait les dépenses i, faire dans le délai de dix ans à 3 milliards 200 millions pour les <·hemins de fer et à l milliard pour les ,·oies navigables, - total; 4 milliards 200 millions. Pour fournir à ces dépenses, une autre loi datée du 11 juin 1878 autorisa l'institution, au grand-livre de la dette publique, d'une section nouYelle consacrée à l'émission de renies 3 0/0 amortissables. L'exposé de cette dernière loi, présenté à la Chambre des députés par M. Léon Say, ministre
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