La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE MINISTÈRE DU TRAVAIL 281 Quant au classement des travaux, on n'aurait que l'embarras du choix (.1). Mais voici le ministère du travail il. l'œunc. Il forme <l'abord lrs cadres de l'al'mée industrielle réclamée par Morelly et par les écoles saint-simonienne et fouri61·iste, ainsi que par les socialistes solutionnistes (2). L'armée industrielle au complet se composerait: 1• Des ingénieurs agricoles, des ingénieurs civils, des architectes, des finances, lei fhricr lSiil, s·cxprima ainsi: • ('cite loi de principe a pour objet de créer l'instrument financier des1iné à raire face aux grands travaux publi('~ que le gouvernement projette d'c:-écuter pondant une dizaine d'années, et qu'il soumettra successivement à miro approhation. ll ne s·agit point ici que de deux branches de travaux publies, et les évalua 1 lions rectifiées des dépenses nécessaire~ s'élevaient, d'aprcs un rapport de M. Ribot, à plus de sept milliards. (1) Abstraction faite des travaux de complément de• roies ferrées, de mie~ na~if1nblc· et de construr·tion cle ports prévus dans le plan (r1u'il ne s'agirait plus <1ucde rectifier et complulèr} de ~I. de F1·1•yl•inet,on pourrait mettre au premier rang des travaux d'utilitu puhliquc réclamant l'urgence : 1• Le Canal des dell,r mers, dont l'importance n'a plus besoin <l'èlre démontrée; 2• La canalisation de la Seine, qui tranformcrnit tout l,! norJ-ouest de la France en faisant, selon un mot qui a cours, de Pa,·is, de Rouen et du Han-e, une seule et mèmc Yille dont la Seine sernit la g-randc rue; 3• Le drainage des terres humides dont on peut é,·aluer la superficie à dix millions d'hectares. • Cette opération, a dit Toubeau, décuple quelqucrois la valeur du sol. » 4• Le desséchement des marais, étangs, landes et 4 ou 5 millions d'hectares au n1inimum; 5• Canaux d'irigati0n; • ce serait la richesse substituée à la mish-e, la rorti lité à la stlrilit() • et la transformation du sol fran,:ais, surtout si ces traYaux étaient complétés par 6• Le reboisement s.rstémati<1uedes montagnes auquel on ne pense qu'après les inondations le lendemain des grands désastres, quand il n'est plus temps; 7• Construction de routes et tra\'aux diYers d'assainissement et d'embellissement; 8• La plantation de dunes, cc qui, dans la seule llretagne, rendrait plu, de 600,000 hectares à ragriculturc, etc., etc. (2) Œ ~lalgré les jérémiades sur la p,•nurie des finances, chaque Etat trouve des capitaux immenses quan,l il s'agit de rasseml>lcr etd'appro\'isionncr ces masses dcstrucli\'es ... « Comment nos raiseurs d·utopies n'ont-ils pas oso rè,·er celle-ci: ww 1·éunion de 500,000 hommes occllpés à construire all lie1i de détntire ! Après tout, les frais seraient beaucoup moindre~ pour une armée p.-od·uetive; el, outre l'épargne des hommes égorgés, des villes brûlées, des campagnes ravagées, on aurait encore l'épargne des dépenses d·armcmcnt et le bénéfice des travaux. " (Ch. Foudcr.)

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