La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE PACTE DE FA)ll:-IE 23 Un produit fait exception à la règle commune : produit d'un usage quotidien, d'une consommation universelle, indispensable au pauvre comme au riche, je veux dire le blé. Paris consomme, à lui seul, un dixième de la production totale des céréales; e~ l'on a vu, cependant, que le stock des grains, en période normale, était à peu près nul, relativement au chilîre de la population. C'est là évidemment une anomalie et le résultat ù'un concours de circonstances spéciales, car nulle part le même fait ne se voit. Partout., le$ grands centres de population sont Jcs centres commerciaux <le céréales, pourvus d'entrepôts, où cette denrée est emmagasinée par quantités considérables. Pourquoi n'en est-il pas de même à Paris? Pourquoi son entrepôt n'a-t-il pas une réserve supérieure, ni même égale, à celle des cnt1'epôts du Havre, de Rouen, de Dieppe, de Dunkerque ou de Kantes? Y a-t-il une cause naturelle particulière qui s'orJpose à ce que Paris jouisse, pour le blé, de la situation commerciale qui lui est acquise pour les autres marchandises? Nous n'en voyons aucune, tandis que, au contraire, sa situation topographique et ses facilités de consommation nous paraissent le désigner naturellement pour être le grand marché des grains français. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la carte statistique insérée dans la première partie de ce travail pour s'assurer de la réalité de ce que nous avançons ici. - Si on tire une ligne droite, de Rochefort à Lyon, coupant la France en deux, on voit que Paris esf le centre de la région supérieure, comprenant les deux tiers du te1Titoil'Cet de la population. A cc centre, où viennent converger directement tous les moyens de transport, les contrées dont la production excède la consommation devraient aisément déverser leur trop plein. Les contrées où la production est en déficit ont toutes les facilités réunies pour puiser à ce réservoir naturel le trop plein des premières et les al'lfrages de l'importation. Nous insistons sur cette admirable position géographique de Paris: ses lignes ferrées le rapprochent à quelques heures seulement des régions du Centre et de l'Ouest, grandes productrices de céréales; à quelques heures de Cherb0urg, du Havre et de Rouen, sièges véritables du commerce de l'importation ; à quelques heures des régions de l'Est et du Xord, où la population urbaine, très considérable, ne peut puiser, dans la production environnante, les quantités nécessaires à sa consommation. Tout concpurt donc merveilleusement pom' que Paris soit l'entrepôt, le grenier du commerce des blés de la France, le magasin des réserves publiques. Le joui' où cet entrepôt existerait, non pas en suite d'achats faits aux négociants actuels, pour des quantités immobilisées par les réserves, mais en Yertu d'un courant constant, permanent, qui amènerait les producteurs directement sur lemarché

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