L·\ REVUE SOC! \LISTE housse sa robe blanche, c'est qu'elle sP; dresse vengeresse! Qu'elle frappe du glaive en pleine poitrine ceux qui tentent de la perce1· dans l'ombre! Ses victimes, peu nombreuses, sont tombées dans la tourmente, Ses martyrs sont innombrables; bien longtemps le pavés <le la cité furent rougis de leUl' sang! Nos jardins publics fleurissent sur <les tombes à peine fermées! Et cependant nous avons pardonné; car la haine est mauvaise conseillère et s'attarde au passé en oubliant le présent. Pour<1uoifaire saigner à nouveau des plaies mal fermées? Pourquoi nous rappeler que l'œuvre révolutionnaire doit fatalement accomplir son cycle, qu'elle est incomplète? La (Jltcstion sociale est la question moderne par excellence; le théâtre peut aider à la résoudre; il doit en tout cas refléter les hautes préoccupations de tous les bons ec;prits de notre temps, A ce point de vue, l'interdiction de la Ville Élisa est une faute; pour nous résumer, le tl,éâtrc moderne est encore à fonder; Zola et les de Goncourt l'ont pressenti; mais leurs tableaux trop véridiques effrayent des esprits peu habitués encore à envisager la nature dans toutes ses manifestations, Il nous reste pour le moment la légion des Jemme d'.1,·,·, Les pièces à grand spectacle amusent le regard, font travailler l'imagination, et ont toujours un succès relatif. Aussi la Porte-Saint-?\lartin, les cirques, les revues et enfin le Châtelc·t s'emparent successivement de l'héroïque bergère! Pourquoi nous ramener éternellement aux suprrstitions, aux visions, aux royautés, quand l'idée de patrie elle-même ne suffit plus aux hommes de l'avenir depuis qu'ils ont entrevu l'humanité tout entière! La nouvelle ,Jeann<' cl',lrc, celle de M, J, Fabre, succède sur l'affiche du Ch:\telet à la Chatte blcineh<' et sera suivie de je ne sais quelle autre féerie. L'histoire, plus austi-re, nous laisse un meilleur souvenir; je crains que malgré le talent aimable et vigoureux du brillant fils du soleil (.Joseph J?abre est du Midi), sa Jeanne hien-aiméc ne perde à être produite dans des lieux, dans un temps, avec des mœurs qui lui conviennent peu. La science nous a guéri des visions, la république, des royautés, l'humanité, d'un patriotisme étroit. Du reste, telle beauté sublime, comme celle de Jeanne d'Arc, veut l'éloignement, le silence, la solitude, et grandit dans le désert. Telles ces immortelles constructions égyptiennes bravant les efforts du temps demeurent immobiles, tandis que les générations, comme de vains fantômes, s'écoulent i leurs pieds. Nous comprenons mal ce qui convient le mieux à l'objet de notre culte· et chose triste à dire . . ' , ' un tnddîérent est souvent meilleur juge que l'ami passionné. Tout en reconnaissant le côté poétique et sérieux du drame historique de M. J. Pabre (drame, clu reste, qui est une légende, au moins en
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