La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

ÉCIIOS DRAMATIQUE::< partie), nous demeurons froids devant ces voix légendaires, devant ce patriotisme royaliste, écho lointain d'un monde <lisparu; monde qui voulait faire bande à part dans l'humanité. La France n'est pas une pucelle; c'est une forte mère <lefamille qui entend surtout les voix: <leses enfants; mais qui élargissant encore sa robuste poitrine, réserve de chaudes étreintes et un asile aux enfants perdus du monde entier. Faut-il parler <les beautés de la Jeanne d'Arc nouvelle? Quand on touche un pareil sujet, l'envolée poétique (le mot est à la mode) ne saurait plune1· trop haut; Joseph Fabre l'a compris; sa prose est véritablement <le la poésie : nous aurions préféré qu'il y joignît la convention versifiée. De la bergère in~piréc nous attendons une note surhumaine; et le vers, qui tient le milieu entre le chant et la parole, permet à l'acteur de soutenir ces élans religieux ou guerrie1·s ,[ue Jeanne produisait inconsciemment; car, dans l'exaltation, la forme scan,lée, mesurée, surgit spontanément. L'interprète de Jeanne, l\111 • \Véber, est trop snre d'elle, l'inspiration reste à trouver; la spontanéité, le naturel, la simplicité naîve, voilà quels sont les principaux traits de Jeanne. Traits <1uiont été, <lu reste, admirablement mis en lumière par l'auteur; et c'est un rare mérite. Chez i\1' 1• \Véber tout est calculé: j'ajouterai, c:i.lculé avec art. Cette jeune artiste a les allures d'une artiste qui aurait beaucoup d'exe1·cice. Gardez votre jeunesse, madame; cultivez-en l'expression; c'est un don précieux et charmant, que l'étude, que l'âge YOUS rendront sans doute. G1mvA1s1i.

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