LA RE\ UE SOCI.\LISTE on ,•onfirme la liberté du tau., et la Banque pourra, si elle ,•eut, escompt er i l') 0/0. En 1~57, on laissa la Banque sou5 l'empire du dérret du 2 décembre 1849 , limitant :l :;25 millions l'émi,sion tics billets, laquelle, comme on sait, n'est applicable <1u'aucours fore~. En 1891, on ag-gra\'C l'autorisation donnée proci,oiremenl par la loi de finance du 30 janvier l&l-t d'émettre jusqu'à concurrence de 3 milliards et <krni, puisque le projet de loi étend la limite à 4 milliards. Jus, 1uïci, vous le \'Oyez, le, deux formules de prorogation se ressemblent fort; on peut m~me dire que la prorogation républicaine est plus dure à l' rnlérèt p 1hlic. Sans doute pour faire excuser ces duretés, le ministre des finances a voulu stipuler quclqurs avantai;:es beaucoup plus apparents que réels. La loi du 9 juin 185i déclarait qu'au-dessu~ de 6 0/0 les produits de l'escompte 5eraient portés en ad,lition au capital social. On peul conslater que, dans la même annéf', la Banque de France, e n oct.:>breet novembre, élc"a son escompte :l 7, , \l et 10 0 10 et que souvent dan~ la suite, on a revu ces m ··mes chi!Ti-es. Le nouveau projet reproduit la même disposition; seulement c'est au-desau, de 5 0/0 que commencera le report des bénéfices en addition au capital. Cela serait peu de chose si, à raison des circonstances, on ne prévoyait pa s que la Banque de France se dispo~e à élever très sensiblement le taux de l'escompte, depuis as~ez longtemps déjà fixé à 3 0/0. La Bauquc n'a, en cfîct, que cc prétexte pour battre Je rappel du numé - raire qui, mal~ré le& a,sertions de se~ bilans, a déserté ses caisses dans des proportions considérables. li m'apparait même hors de doute que c'est sur cette circonstance que M. Rouvier s'appuiera pour répondre à ceux qui, au cours de la discussion, lui demanderaient de nouYcau « quelles mesures il compte prendre pour em- « pêcher le drainage de l'or ù l'étranger w. Comme il est convenu qne l'élél'alion du taux de l'escompte csL un procédé employé pour protéger l'encaisse métallique (cc qui, comme je le démontre rai ultérieurement, est dc\'enu une plaisanterie, gril.ce aux agissements de la Banque de France), il ne se trouvera pn5onne à la Chambre, ('Onnais~ant assez la matière, pour démasquer la fourberie ministérielle et l'ignoran ce majeure applaudi,·a certainement quelques-uns des lieux communs que lui débitera M. Rou\'ier, avec cet aplomb qui le caractérise. On aura beau ergoter sur l'escompte; nous n'en aurons pas moins quatre milliards de p.'lpicr en circulation, et nous toucherons alors à l'heure dés astreuse où l'on constatera que presque tout le numéraire aura disparu. Il n'aura fallu rien moins que la nécessité de tromper la Chambre sur le s véritables cxi,tcnces en numéraire pour que '.\1. Rouvicr se soit ré,igné :l restreindre les bénéfices des « pauvres actionnaires " de la Dan<1ue de France, dans le cas, pl us que rertain, où à l'occasion de la dénonciation et du reno uvellement des traité~ de commerce, la Banque déclarerait qu'elle se trou ve dans la dure IU!ces<Jité de porter son escompte ù 5 1/2 ou 6 0/0. Car, voyez-vous, mon cher ami, 6 0/0 d'escompte sur un milliard font 60 millions, dont M. Rouvier défalque 10 millions pour être ajoutés au capital. Or, MM. les actionnaires aimeraient beaucoup mieux voir ces 10 millions entrer dans leur poche. D'ailleurs, vous pourrez le constater en temps et lieu, lorsqu'on discutera le projet de renouvellement, il ac trouvera. des gens pour déclarer que le mini~tre a Iait tout ce qu'il a pu pour protéger l'encaisse métallique, pour immo-
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