La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE annuel des nouveau•nés serait de O. Cette décroissance est surtout sensible dans certains ù('>partcmentsgascons, où la natalité a baissé de J 5 ii :W0/0 en dix ans. En Bretagne, au contraire, la natalité augmente. Le nombre de naissances illégitimes augmente; cela correspond à la défaveur grandissante de l'idée de mariage. Malgré tout, il apparaît une augmentation de population de li'i,7:22 individus, mais le quart de cet accroissement est dû à l'excédent de naissances de la population é1rangère venue s'établir chez nous. Quelles sont les raisons de la dépopulation ? Les esprits dévots voient dans l'affaiblissement de l'idée religieuse la cause principale de la décroissance. Pour certains publicistes, la cause est purement économique. Les ouvriers, disent-ils, ne procréent pas à cause des difficultés de la vie; or, c'c~t au contraire dans les centres ouvriers qu'on trouve le plus d'enfant:::. Par contre, les gens un peu aisés restreignent leur fécondité. :-.I.Arsène Dumont, dans son savant livre: Dépopulation et civilisation, attribue les pratiques du restreint général à ce qu'il appelle la capillarité sociale, expression originale et heureuse, que l'auteur applique it la tendance universelle des individus à s'élever, à dcvenfr plus qu'ils ne sont. Les enfants sont un obstacle à cette tendance. Mais ce phénomène n'est pas spécial à la France. Comment se fait-il qu'il produise ailleurs des effets opposés. C'est, dit :-.1.Dumont, que la France est une démocratie façonnée par la mona1·chie. Le citoyen Raiga pense que la réponse est insuffisante. N'est-il pas plus simple <l'attribuer à notre race un plus grand amour du bienêtre, ce qui expliquerait la plus grande intensité du phénomène de capillarité sociale. Le citoyen Raiga fait allusion ensuite au remarquable travail de notre ami Rouanet, publié en décembre 1889 par la Revue socialiste sur ce même sujet, et en donne quelques extraits. Quels sont les remèdes? L'initiative privée étant réfractaire, il est du devoir de l'État d'intervenir. D6jà les Chambres ont voté une loi qui accordait une bourse dans un établissement d'enseignement secondaire à l'un des enfants de toute famille en aya11t au moins sept. - De même l'article 3 de la loi de finances de 1889 exemptait de la contribution personnelle mobilière les parents qui se trouvaient dans les mêmes conditions. C'est là un p1·incipe à retenir. Le citoyen Raiga examine les divers systèmes proposés par le docteur Bertillon, l'école de M. Le Play. Il se déclare partisan de l'établissement de l'impôt progressif sur la fortune et le revenu, c'est selon lui le système seul efficace. En combinant le taux de l'impôt de façon à surcharger les familles restreintes et à alléger d'autant les familles nombreuses, on arriverait à pousser à l'accrois-

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