La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

MOUYE~IENT SOCIAL EN F!Ul\CE ET A L'ÉTflANGER 2;ll seul publiciste choisi), inten·cntionniste modéré; puis, au milieu de patrons et d'ouvriers que rien ne déi;ignait à cet honneur, et qui ont le tort de n'aYoir pas été élus par leurs camarades, ainsi que l'avait à juste titre désiré .M. .Mesureur, les noms des honorables citoyens Delahaye, Finance, Lamendin, Ribanier, !esqucls ne tarderont sans doute pas it donner leur démission, si la majorité antisocialistc de cc comité consultatif ne leur permet pas de se servir de leur situation comme d'un tribune oü ils seraient à même de faire appel au nom du socialisme à l'opinion publique. Car c'est là la seule satisfaction qu'ils pourront retirer de leur mandat officiel. Bref, nous cherchons en vain dans le Conseil supérieur du tra,·ail « les porte-paroles les plus autorisés des systèmes en présence ». Parmi les membres du Parlement, un seul socialiste{"?)a été choisi, et c'est un catholique, et qui plus e t un loyal mais acharné ad,·ersairc de la Révolution, l'ex-boulangiste comte de ~Iun. Absence complète de puhlicisl<'S socialistes, qui auraient pu apportt-r dans les débats une parole vraiment autorisée et largement compétente. Il est vrai 11uedéputés et publicistes socialistes aumient p1·obablcmenl refu<;éd'all<'r perdre leur temps clans un l'Omité con..,ultatif, sans profit pour leur influence personnelle, et sans aucune chance de convertir qui que cc soit, même p~rticllement. ;\fais il est temps de citer le document officiel. Le conseil supérieur du trarnil, établi dans des ron,lition~ analogue~ ù celle, des autres corps consultatifs existant pl'ës de mou ministére, sera es,euticlle• ment un in,tl'ument d'étude~ pour examiner les (ll'Ojets et pour préparer les "Solutions sur lesquelles lo Parlement aura. :\ se prononcer; il est destin.:, :\ fournir d'une manière également rapi<lc et sûre les i·enscignctncntscoucerna.nt les questions ouHiél'c~, que !"onn·a pu obtenir ju,quïci qu'en ouvrant dcb enquêtes longues et coùtcuscs, en,1uNes dont les résultats n'ont pas répondu, la plupart du temps, :\ !"effort déployé. Chargé d"apporter au ministre auprb ,luquel il est placu toutes le~ lumicrc~ dues à la. compëtencc spéciale d,•s mcmlJrcs qui le composent cl qui doiYcnt représenter tous les éléments de la pl'o,luction iuduslriclle, il doit demeurer pour les poumirs publics un appui indépendant, éclairé et impartial; il ne doit pas C'trc rorganc exclusif ,les revendications ou des intérèb d"une classe particulicrn. L'cnYisager sous cc dernier aspcel, cc serait infirmer d'avance Ioule l'autorité de ses délibérations. D'autre part, destiné :\ étudier en toute connaissance de cause les dilTfrcntes solubons po,siblcs des questions qui lui seront soumises, il importe que cc conseil renferme les porte-paroles les plus autorisés de~ dh"ers systèmes en présence ; il impol'te également que des représentants des principales industries, et autant, que possible des régions Yariées de la France, y trou,·cnl place. Pour rilpondrc à ces préoccupations, j'ai pensé que Je conseil supérieur du tra.vail pourrait ~tre composé pour un tiers de memhres du Parlement et, en général, de personnes particulièrement ,·ersécs dans les malicres économiques et sociales; et, pour les deux autres tiers, en nombre égal de patrons et d'ou-

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