La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

REVUE DES HEYUF.S plus fructueuse, puisque c'est à elle que nous devons d'avoir laissé passer sans mot dire le projet de loi déposé par ~I. Yves Guyot à J.a séance du 13 juillet 18DO.- Sans un article paru dans le Jouma! des Économistes du mois dernier, du diable si nous aurions feuilleté les documents parlementaires du Joumal o({iciel, pour y éplucher les projets du ministre des travaux publics. Le Joumal des Économistes de janvier public, en e!Tet, sous la signature: Daniel Bellet, un article intitulé: Le R<'·uime1/e la nrwitJ(tlion intérieul'e en Ftlmce, en ,-illenwune et en .1ngl1•1e1-re. L'auteur de cette étude loue beaucoup le ministre d'avoir songé à nous dotct· d'un régime de navigation quelque peu semblable à celui qui existe dans ces pays; et sans serrer de près le projet qui doit aboutir à ces résultats, il célèbre à l'avance les œuvres fécondes dont l'initiative privée, galvanisée par M. Guyot, va enrichir nos canaux et nos rivières navigables. Ces éloges, ces espérances optimistes fondées sur les merYcilles de l'initiati,·e privée, nous ont donné l'alarme, et nous avons recouru au texte du projet ministériel. L'exposé des motifs, les dispositions des articles et l'annexe justificative ne tiennent pas moins de 1pialre-vingts colonnes du Jovnwl oflicie!. C'est dire à nos lecteurs que nous ne saurions procéder ici à l'analyse critique d'un document aussi étendu. Cette analyse fera d'aillew·s l'objet d'une étude spéciale - le sujet en mut la peine. - ~fous nous bornerons aujourd'hui à en donner l'idée mère, telle que la dégage, timidement, le rédacteur du Journnl des l~cunomi~tes: « Depuis dix années, le réseau de nos voies navigables a été l'objet d'améliorations et de développements considérables, et une circulation active a commencé à s'y produire. Depuis 1879, les dépenses se sont élevées à 4.::10millions ... » Le mouvement sur ces voies qui était de 2 milliards 798 millions de tonnes kilométriques, a atteint 3 milliards 238 millions en 1&-19,soit une augmentation de l100,000,000 en trois ans. Cependant, dit M. Bellet, si l'état de nos voies navigables n'est pas encore ce qu'il devrait être, pourquoi? Parce que c'est l'État qui les entretient, et l'État n'est pas en mesure d'y apporter toutes les améliorations désirables; ... tandis que l'initiative privée, qui entreprend des œuvres si grandioses qu'elle seule peut mener à bonne fin, remplirait bien mieux son office. En Angleterre et en Allemagne, les voies de navigation appartiennent, si on peut s'exprimer ainsi, à des corporations, qui les exploitent au mieu).'.des intérêts du commerce et de l'industrie. En France, jusqu'à la Révolution, les rivières et canaux: ont été la propriété de corporations batelières. La Révolution les supprima, reprit les concessions et depuis, l'État administre la navigation intérieure. M. Daniel Bellet ne demande pas le rétablissement des anciennes corporations sans

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