REVUE DES RE\"UES 219 torîcuse n'est qu'en partie le résultat naturel du déversement du trop-plein de sa population. La plus grande part incombe ensuite aux mesures administratives ineptes dont nos hommes d'État sont seuls responsables. Sous ce titre : La Caisse des dépôts et consignations, :'II. :\loireau a publié dans la Revue des Deu,,; Mondes un article plein de renseignements du plus haut intérêt sur le fonctionnement de cette caisse, dont le mécanisme est peu connu du grand puLlic. On sait que cet établissement fut fondé en 1816, pour recevoir - outre les fonds déposés par les particuliers, qui ne sont jamais très élevés, à cause du faible taux de l'intérêt (J 0/0) et de la trop longue période de préavis (13 jours) - « les sommes dont la consignation a été ordonnée, soit par jugement, soit par une décision administratî ve ». A l'origine, ce fut l'attribution 1a plus importante de la caisse. l\Iais depui,-, bien que cc senice se soit encore accru dan;; des proportions considérables, il n'est pas celui qui donne lieu au plus gros roulement de fonds, et le chifTrc de ses opérations est Join d'atteindre celui que comprend la gestion des excédents de capitaux des caisses d'épargne. Les caisses d'épargne ! la grande panacée sociale, tout ce qu'ont trouvé, jusqu'à ce jour, les ministres de tous les régimes, pour substituer l'âge d'or égalitaire à l'enfer industriel et capitaliste! Depuis un demi-siècle environ que l'optimisme gouvernemental a tenté de leurrer les espérances des simples et des crédules, on a bien dû rabattre un peu des vertus de la panacée. Les caisses d'épargne sont allées se développant, les millions ont afflué à ses guichets, puis les centaines de millions, maintenant les milliards, et quand on leur demande quel résultat positif a amené la pratique de cette grande vertu négative de l'épargne, force est bien aux apôtres dithyrambiques de la paix sociale par le sou capitalisé de reconnaître que ces milliards n'ont pas modifié d'un point ni d'une virgule la situation prolétarienne, qu'ils devaient transformer du jour au lendemain. Ce n'est pas qu'on ne fasse encore, à l'occasion, sonner bien haut cette affluence de milliards. On les invoque chaque fois qu'on parle des progrès de la classe ouvrière. Dans tout discours officiel, l'éloge de la caisse d'épargne a sa place d'honneur, son alinéa réservé, à l'endroit où le ministre résume les bienfaits de sa politique féconde. •
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