218 LA HEVUF. SOCIALISTE dans la Revue Sorialtstc les doléances de l'autorité militaire, rapportées par ~I. Levaillant, alors chef de la Sûreté, relativement à l'émigration d'un certain nombre de jeunes gens de nos département; pyrénéens pour la République Argentine, sans avoir satisfait à la loi sur le recrutement. L'expédition du Tonkin n'était pas encore terminée; on équipait à grands frais des hommes qu'on envoyait se faire tuer par les balles chinoises pour conquérir des débouchés commerciaux à notre pays. A la frontière espagnole, dans nos ports du r.Iidi, on arrêtait, au passage, les volontaires dont la présence sur le sol argentin ou péruvien eût ouvert, sans frais, à notre commerce, des débouchés autrement importants que ceux du fleuve Rouge et du Yunnam. Croirait-on qu'il est défendu aux compagnies maritimes françaises de navigation de recevoir, à bord de leurs navires, des émigrants français à destination du Brésil? C'est cependant ce que ~1. SantaAnna-.è\ery nous apprend dans !'Économiste (1·ançais du 3 janvier. Pourquoi cette défense? A quoi rime cette prohibition? L'émigration française aurait-elle, de ce côté, pris des proportions inqulétantes? Nullement, car de 183:ï à 1889 le nombre des Français partis pour se fixer au Brésil s'élhe à peine à 3,500; tandis que durant le même laps de temps les Allemands, auxquels le climat présente des difficultés d'adaptation plus grandes qu'à nos paysans du Midi, ont émigré au nombre de 00,000 en chiITres ronds. ~I. SantaAnna-:\'ery nous apprend qu'ils peuplent en partie les Yilles de Thérésopolis, Pétropolis et Friburgo. « Ils se sont répandus dans les trois État,. actuels de Parâfia, de Santa-Catharina et Rio-Grandodo-Sul. » Inutile d'ajouter que dans les régions où l'élément saxon jouit d'une influence considérable, les produi~ allemands ont le pas sur les produits français. Notre confrère brésilien se plaint avec raison de la mesure d'exception qui frappe son pays, et exprime l'opinion que cette prohibition du Brésil à l'expansion française n'est guère de nature à servir les intérêts permanents de la France. Sans aucun doute, et l'on cherche vainement à s'expliquer pourquoi M. Constans a cru devoir, le 10 septembre 1890, rappeler les autotorités des ports à la stricte exécution des circulaires antérieures, défendant le départ d'émigrants à destination de Santos ou de Rio. Si on ferme le continent de l'Amérique latine aux entreprises françaises, croit-on que le Tonkin compensera ce que perdra notre expansion naturelle, à ces prohibitions ridicules autant qu'oclieuses? li suffit de rappeler les chiffres, cités plus haut, des progrès de l'exportation française et de l'exportation allemande, pour se convaincre que nos ministres ne sauraient mieux desservir nos intérêts nationaux. C'est surtout sur les marchés de l'Amérique latine que l'_\Jlemagne supplante le commerce français. Or cette concunence vie-
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