JS LA REVUE SOCIALISTE les prévisions de l'autorité militaire sur cc point. On peut cependant estimer que le chifîrc de cette population est encore considérable. Dans les autres camps retranchés, la population est moins dense que dans le dé].Jartement de la Seine; mais les ouvrages de défense sont moins resserrés qu'autour de Paris et la surface de pays qu'ils couvrent plus grande. Les réserves de six mois à constituer pour la population comprise clans ces régions exigeront donc des achats assez importants. Ce n'est pas tout, et là ne s'arrêtera point l'action des pouvoirs publics sur le marché des grains et farines. Le projet,de M. de Freycinet prévoit, ayec beaucoup de sens, qu'on ne saurait constituer un approvisionnement de cette importance exclusivement en farines. Pour plus de clarté, nous avons, clans nos évaluations, pris le quintal de farine comme unité de réserve. Mais le ministre de la guerre dit, clans son projet de décret, que l'appro• visionnement sera composé : partie en grains, partie en farines, dans la proportion de 27 kilogr. de blé pour 20 kilogr. de farines, soit enYiron 1,000,000 de quintaux de farines et l,330,000 quintaux de blés pour les réserves de Paris. Or, il ne suffit pas d'avoir du blé. Encore faut-il des moyens de mouture suffisants pour convertir le grain en farines. Certains camps retranchés, et le plus important de tous, Paris, en sont dépomvus. Le projet de loi prêvoit donc la construction de moulins là où ils font défaut, et ce n'est pas la partie la moins intéressante de l'approvisionnement. En l870, c'est par hasard qu on eut sous la main, après l'épuisement des existants de farines, les moulins pour broyer la quantité de grains insuffisante, qui restait a la disposition de Paris assiégé. Pour comprendre l'importance capitale de ce détail, il faut lire, dans les rapports spéciaux de M. Che,rsson, placé à la tête de ce service, par quelles angoisses il passa, avec les ingénieurs, quand, le stock des farines disparu, les moulins durent subvenir aux besoins de la consommation, restreinte cependant aux extrêmes limites du minimum possible. ::\'ul doute que ce ne smt le souveni1· des embarras éprouvés rie ce côté par le service de l'approvisionnement qui a déterminé ~I. de Freycinet, à ordonner la construction de moulins dans les camps retranchés qui en sont dépourvus. Ainsi, extension des mesures d'approvisionnement à la population de toutes les places fortes; accroissement de la durée de temps éventuel auquel cet approvisionnement devra faire. face, construction - et partant - fonctionnement de moulins dans les périmètres des camps retranchés, telles sont les lignes, singulièrement agrandies depuis le mois de novembre dernier, du programme auquel s'est arrêté le gouvernement. L'application d'un programme si vaste ne peut manquer de créer
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