LE PACTE DE FAMINE lî en blé qu'en farines, devait être exclusivement d'ordre par1s1cn. Le projet soumis à l'approbation du Parlement étend de Paris à d'autres places fortes, que le ministre de la guerre désignera ultérieurement, l'obligation de constituer des réserves municipales pour deux mois, et, de ce chef, les quantités nécessaires à l'approvisionnement s'accroissent dans des proportions considérables. En outre, le gouvernement annonce son intention de pourvoit· à la subsistance de la population civile des places fortes « jusqu'à la fin des opérations militaires ». Que faut-il entendre par lâ, et comment déterminer la durée approximative de cet approvisionnement? Le projet de loi ne le dit point, et l'on comprend de reste sa réserve. On peut cependant inférer du silence gardé par le ministre de la guerre que la période pou1·laquelle l'Etat fera face aux besoins de la population civile sera d'une étendue assez grande, puisqu'il estime que les quantités emmagasinées par les municipalités, pour une consommation de deux mois, représenteront seulement les quantités nécessaires pour les besoins des populations pendant les premiers jours des hostilités. M.. de Freycinet le dit, en effet, en propres termes : les municipalités seront « chargées d'assurer les premiers besoins des citoyens, l'Etat fera le reste "· Nous croyons donc être plutôt en deçà qu'au delà des prévisions de l'autorité militaire en leur assignant une durée de quatre mois. Ainsi, d'une part, nos prévisions antérieures sont dépassées par celles de M. le ministre, qui croit que l'alimentation des places fortes en général est menacée par les pratiques actuelles du commerce libre, et qu'il convient de les prémunir contre les conséquences de cc fâcheux état de choses; de l'autre, la durée de l'approvisionnement, pour une population plus grande, est portée de quatre à six mois. Pour la population parisienne seuh:ment, les réserves à constituer devront faire face atLx besoins de trôis millions d'àmes, en chiffres ronds. Ces besoins représentant une consommation quotidienne moyenne de 11,000 quintaux de farines, la municipalité devra, pour les deux premiers mois, mettre en réserve une quantité de 665 à 670,000 quintaux, et le gouvernement, pour la période éventuelle restant à courir jusqu'à la fin des opérations militaires, de 1,323 à ! ,350,000 quintaux. Lés quantités à prévoir, rien que pour la population parisienne, s'élèvent donc à un chiffre global de deux millions de quintaux de farines, c1uidevront être emmagasinés, tenus en réserve et en bon état, par les soins de la municipalité et du gouvernement. Ce sont là des quantités énormes, auxquelles il convient d'ajouter celles nécessitées par l'entretien de la population des autres places. Il est difficile d'évaluer ces dernières, faute de connaitre exactement 2
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