La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

1..\ socntn': FAillE:\":\"E suffisante pour les mettre à. même de dêbtttPr dans la vie avec qucl11ues avantages. Mm•Shaw, h mère, est une femme intelligente, musicienne, qui chantait dans les cercles mu,icaux de l>uhlin. Le jeune Bernard fut envoyé à une école wesleyenne oü la , irille tradition régnait en maîtresse, puis dans deux ou trois autrcs.])'humeur remuante, indi'-cipliné, rebelle au mors dès son enfance, il fut noté comme un élhe paresseux, incorrigible. Il réagi~sait par instinct contre le l'especlnbilisme protestant <lela classe moyenne ù laquelle il appartenait, et, dans la suite, s'enthousiasma naturellrmcnt pour tout cc qui avait une saveur d'hérésie, que ce fùt le fénianisrne, le républicanisme, le danvinisme, le wagnérisme, le sêcularismc ou plus tard le socialisme. l\aturellement aussi, Shelley fut son poète favori, cc patricien écœuré par les conventions sociales, et il le qualifiait de ,, seul raisonnable poète qu'il eùt jamais lu » . .\ l'école de sa mère, il avait acquis pour la mu-.ique et le dessin un goùt que la gêne chronique paternelle ne permit pas de dé,·elopper spécialement, et à l'âge de quinze ans il entra dans un bureau de gérants fonciers dont la fonction était d'admini,,trcr les terres des loncllol'dsabsenti tes. Doué d'un esprit ouvert et vif, d'une causticité 11uine demandait qu'un thMtrc plus large pour se développer en ltumow·, il donna cependant satisfaction à ses patrons par une certaine exactitude mécanique et par <1uel<1uestouches artisti<Jucs dans la rédaction des pièces. ~lais le rnéli<'r ne lui plaisait pa:s. Il était loin de se douter que le peu d'expérience acquise dans ces bureaux lui senirait un jour à. appuyer ses arguments en fa,·em· de la nationalisation du sol. En l8ï1, il quitta sa place et, simplement par instinct, >,ansintentions définies, il partit pour Londres, où sa mère et sa sœur l'avaient précédc pour y trouver un emploi musical. Il chercha sa voie dans le j ournalismc, et pendant une année il fut employé par un critique musical qui lui donnait à faire les comptes rendus de peu d'importance. Le journal ayant sombré, il devint commis dans un bureau de la Cité où l'on exploitait une invention êlecti·ique d'Edison. De 18ïû à. 1885, époque de la mort de son père, il vécut au jour le jour, pour ainsi dire, dans le monde des artistes et des joumalistes, éprouvé par le besoin. Pendant ce temps, il écrivit cinq romans qu'il offrit aux éditeurs de Londrc-;, mais qu'aucun ne voulut publier. De ces cinq romans, quatre seulement ont vu le jour: le cinquième (qui fut écrit le premier) ne le verra probablement jamais, l'auteur le jugeant indigne de cette distinction. Les.quatre romans publiés ont pour titres : « La Profession de Oashel 8yron » (Cashel By1~on's P,·ofession), « un Socialiste insociable » (;ln Unsocial Socialis1), « le Xœud irrationnel » (The frrational !foot) et « l'Amour chez les artistes » (Love among the Artisls). Ils sont remarquaLles H

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