La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

202 LA REVUE SOCIALISTE vous bien de Je faire, n'écoutez pas les socialistes qui vous le conseillent, car vous baisseriez en moralité et perdriez en liberté si vous viviez dans un état social où chacun serait assuré du nécessaire en retour d'un travail raisonnable. Gardez dignement votre misère, nous ferons l'aumône aux plus malheureux. • Maisau moinslescharitistes parlent-ils de bienfaisance privée; les philosophes de !'économisme libéral disent simplement : Périssent les faibles et les vaincus de la vie! ... L'un d'eux, Herbert Spencer, prétend que cela est bon, que c'est là « un indispensable travail de sélection par lequel la société s'épure constamment elle-même». « Mais si, ajoute ce triste savant, une philanthropie mal éclairée se met au travers de la loi bienfaisante de la sélection, elle rejette les non-producteurs à la charge des producteurs, elle dégrade l'espèce humaine et a.masse comme à plaisir une réserve de souffrances pour les générations futures. )) Ces lignes abominables contiennent tout d'abord un gros mensonge. C'est maintenant et dans l'ordre capitaliste que les non-productew·s sont à la charge des producteul's. Qui accumule, en eITet? Les oisifs, les a.vides, les para.sites. Qui souffre de privation? Les exténués, les spoliés de l'exploitation capitaliste. Mais à quoi bon s'attarder à répondre à ces meurtrières aberrations qui pèseront lourdement sur la mémofre de l'âpre et dur philosophe anglais? Voyons plutôt ce qui peut être fait pom l'extinction du paupérisme, au moins dans ses résultats, en attendant que le socialisme appliqué l'ait détruit dans ses causes. VII L'ASSURANCE SOCIALE Le ~ystème actuel de bienfaisance, aussi bien dans sa forme officielle que dans sa forme privée, est manifestement insuflisa.nt. Ne le serait-il pas qu'il devrait être repoussé, puisqu'il n'est en somme que l'organisation de l'aumône, et que l'aumône dégrade celui qui lareçoit. Scion le vœu d'un philosophe éminent, Alfred Fouillée, qu'on trouve toujours pour défendre les causes généreuses, il fa.ut substituer à l'antique charité la justice répai·atrice et contractuelle. Comment? Nous répétons que nous nous plaçons simplement ici au point de vue

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