LE DROIT A L'EXISTENCE i99 et l'établissement du même genre du pasteur Robin, à Belleville (1), M. Lefébure ajoute: « Je dois le dire, je ne connais pas dans Paris à l'heure qu'il est, en dehors de deux ou trois institutions extrêmement restreintes, hélas I jusqu'à présent, une seule œuvre organisée dans de vastes proportions pour ofTrir le tt·avail en échange <l'une hospitalité temporaire ou d'une certaine rémunération à des ouvriers sans travail, lesquels, en dépit de leur bonne volonté, ne trouvent pas momentanément l'emploi de leurs bras et sont impuissants à défendre leurs femmes et leurs enfants contre la misère; pas de travail non plus à offrir aux individus qui attendent le rapatriement, à des infirmes qui sollicitent leur admission dans des maisons spéciales, à ces malheureux, enfin, que l'on arrête pour avoir couché sous un pont, dont le seul crime est de n'avoir pas un sou dans leur poche, et que le juge du petit parquet relaxe et remet sur le pavé, dénués de toutes ressources. » De ces paroles de M. Lefébure, il ressort clairement que tout est à faire et que, selon l'expression d'Albert Regnard, l'insuffisance de l'assistance publique non obligatoire ne saurait être contestée. Ce qui est vrai pour Paris l'est pour la France et l'est pour toutes les nations civilisées! Là encore, si l'on veut essayer d'aboutir, il faut internationaliser les efforts. Les principaux philanthropes européens l'avaient compris, lorsqu'en 1856 à Bruxelles, en 1857 à Francfort, ils tinrent ces congrès internationaux de la bienfaisance publique où la plaie du paupérisme dans la société capitaliste moderne fut examinée sous toutes ses faces. Il est remarquable que les congressistes conclurent à la nécessité d'une législation internationale du travail. C'était frapper à la racine. Le Congrès international de !'Assistance publique qui a eu lieu à Paris du 28 juillet au i août 1889, et auquel ont participé plus de iOOadhérents venus de tous pays (2), n'a pas envisagé de même la situation. (1) Il faut ajouter à cette liste si restreinte l'asile-ouvroir de la rue Fessart, dirigé par )J~• Louise Koppe. (Voir, sm· ce sujet, une remarquable conférence de Millerand tenue le 30 novembre 1890au grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de )1. René Goblet et sous les auspices de la Société philanlhropique pour la création d·asiles-ouvroirs nationaux à Paris.) (2) Citons notamment MM. Jglesias Engel Gavino (Mexique), :'llello-Viana (Po,·tugal), Bajenof, médecin des hôpitaux de ).loscou; Kuhnewald (Vienne), Severeano (Bukarest), Vassitch (Serbie), Balacky (Prague), Fanderlik (Moravie), Alb. Costa (République Argentine), Canoez (Hongrie), baron Estrella (Brésil), Hale (États-Unis), etc.
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