La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

108 LA REVUE SOCIALISTE talières dont Je pasteur Bodelschswing est parvenu à couvrir l'Allemagne ; Je Bureau central de charité qne dirige à Genève le colonel Rillict, le Pafronato de Milan et les Bureaux centraux de BulTalo, de Newhaven, Philadelphie, Baltimore, etc. En France, une tentative est faite en ce moment même par M. Lefébure, qui, avec le concours de MM. Picot, de Vogüé, travaille à la fondation d'un Office central. Cet oflice sera en rapport constant avec tous les établissements de bienfaisance, avec toutes les associations de charité privées, et donnera aux malheureux tous les renseignements nécessaires pour permettre à ceux-ci de s'adresser, en connaissance de cause, aux sociétés fondées dans un but spécial de charité ou d'assistance . .M. Lefébure ne cherche pas à organiser la charité; il prend pour base de son activité les associations privées, les institutions publiques, et se fait l'intermédiaire entre les malheureux et tous les établissements quelconques d'assistance, et réciproquement il aidera ces établissements à éviter de mal placer leurs bienfaits, tout cela sans s'immiscer dans la vie intérieure des œuvres déjà existantes, ni porter la moindre atteinte à l'indépendance ou à la personnalité d'aucune d'elles. ~[. Lefébure insiste sur ce point que l'O({ice central n'aurait ni drapeau politique ni Credo confessionnel. Il se base surtout, pour justifier son initiative, sur la profondeur du mal et l'étendue des ravages de la misère. « Si j'avais besoin de démontrer, dit-il, combien sont réelles et nombreuses les soulTrances à Paris, je n'aurais <1u'àattirer l'attention sur l'état des logements où se réfugient les pauvres et <lire qu'il y a ~7,833 logements habités par <lesindigents, soit 57 0/0, qui ne se composent que d'une seule pièce; que <lesménages indigents clans la proportion de 5 0/0 ne respirent que par une tabatière, qu'il y a 3,192 logements, soit 7 0/0, qui ne prennent jour que sur un palier ou un corridor ! » llelevons encore de l'éminent philanthrope ce passage de son discours à la séance inaugurale de l'œuvre nouvelle, tenue le 11mars 1889: • Quel défilé de misères plus poignantes les unes que les autres, que <l'elTroyables récits dans cet énorme dossier de lettres que j'ai là sur votre table, lettres que j'ai toutes lues, et dont nos enquêtes n'ont que trop souvent attesté la sincérité! Nous en avons le cauchemar ..... Et ce cauchemar n'était pas seulement causé par le spectacle de soulTranees inouies, mais, vous l'avez déjà compris, par l'impuissance où l'on était trop souvent encore d'y apporter un remède immédiat et suffisant. » Entrant dans quelques détails sur l'organisation de la charité privée, et après avoir cité l'asile-ouvroir pour femmes de .M. Marnoz

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