LE DROIT A L'EXISTENCE 197 Royaume-Uni: 2,297 suicides, 2,157 adultes morts d'inanition, dans une seule année; 10,700 enfants succombant au besoin ou aux mauvais traitemenfs, 100,000 femmes livrées à la prostitution, 993,000 indigents de tout ordre, 190,000pensionnaires au u;o,·hhouse, 155,000criminels, 711,000 délinquants. • Au milieu de cc tableau, on voit ces trois millions de misérables perdus dans les flots de l'océan social et faisant de vains efforts pour surnager. Quelques-uns à peine arrivent à gagner le rocher de la charité privée. • Mais le phare de !'Armée dtt Salut brille à l'horizon. Ses bateaux de sauvcta~e sont à l'œuvre. Ses officiers des deux sexes se portent en rangs pressés sur le rivage pour sauver et recueillir les naufragés. • A gauche, une première bande de misérables esl dirigée vers les refuges et ateliers de la colonie agricole. On leur donne du travail; on noie leur caractère et leurs aptitudes. « Au delà de celte première étape, un second contingent, après un temps d'épreuve à la colonie agricole, se prépare à passer les mers. « Des steamers chargés d'émigrants se rendent aux possessions britanniques et y apportent le trop-plein de nos villes. « Un boulanger à droite, une accorte lavandière à gauche, montrent le but à atteindre et le procédé à mettre en œuvre: application raisonnée des ressources fournies par la charité privée, du travail pour tous, du pain pour tous, de l'espoir pour tous. • Ici l'humiliation de la charité individuelle est aggravée par l'intolérant prosélytisme chrétien qui est le principe dominant de tous les actes de l'Armée du salut. Immédiatemeut après l'Angleterre, se place, pour les tentatives d'organisation générale de la charité, l'Amérique <lu Nord. A la Charity organisation Society de Londres répond l'Association charitable de New-York, dont le secrétaire est M. Kellog. Il s'agit ici d'une grande agence privée, ayant surtout pour mission de coordonner et de rendre pratiques les efforts de la charité. Son but est d'amener les sociétés de bienfaisance à coopérer entre elles par un système d'enregistrement pour empêcher que les secours soient distribués sans discernement et en double, et pour garantir le corps social de l'imposture. D'une façon plus générale, elle poursuit l'amélioration continuelle de la condition des pauvres en s'efforçant de diminuer le vagabondage et le paupérisme, et d'en déterminer les causes. Dès le début de son existence, la Société a rendu d'importants services. A la fin de l'année 1886, plus de 300 sociétés se servaient d'elle comme centre de communication, et elle avait donné des informations sur 88,333 familles comprenant 352,000 personnes. Sur 4.,285individus qu'elle a, d'une manière suivie, entrepris de faire sortir de la misère, près de 700 ont pu se suffire à eux-mêmes quand on leur eut procuré du travail, 4.57 ont été renvoyés chez des amis prêts à les soutenir ou dans des milieux où ils pouvaient trouver à s'employer. Autre tentative du même genre, l'organisation des stations hospi-
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