La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE DROIT A L'EXISTE:-.CE 18'J bureaux de bienfaisance; il restait donc, pour les hôpitaux et hospices, 111.,129,701francs. Comment employés? Nous nous bornerons à signaler seulement deux abus, en nous servant de chiŒres qui ont une origine en quelque sorte officielle (1). En 1883, dans un Rapport très étudié, destiné à la Soriété de médecine publir1ue, 1\1. Brochard consignait cette observaition: « Aver les sommes dépensées pow· lrs construrlions cl,, l'hùpitul Lm·iboisièl'e et de l'Ilùtcl-Dieu, on aul'ait pti entoH,'l'I' Pm·is rl'vnl' ceintin·e clc sei~e hùpitau.x; de cinq renls lits, fon<le,· vù1ot-qvafrr hôpitmu; de sccow·s et Cl'éCl' tm systèm1• <le t1·a11spo,·t aussi confo1'lrtbleque JJOssible. » Voici la preuve de cette énonciation : Lariboisière a coùté.. 10.415.113 L'!-lôtel-Dieu. . . . 60.000.000 en\"iron. Total. . i0.445.113 pour 1,000 lits. Cc qui équi\"aut : 1• A 16 hûpitaux de 500 Jils, à 5,000 fr. le lit (chiffre suffisant pourunhôpitalexcentri,1ue), soit. 40.000.000 2• A 21 hôpitaux de secours de 100 lits, à 6,000 fr. le lit, soit. . 11.100.600 Total. . . . . . . . 51 AOO.Ul'J pour 10,100lib. Il serait encore resté à !'Assistance publù1ue une somme de plus de 16,000,000 de francs pour établir son système de trnnsport et pour le matériel nécessaire, tandis qu'elle a dépensé toute la somme pour n'avoir que 1,000 lits au lieu de 10,li.00! Aufres chi!Tres non moins décisifs : En 1837, 1,329 hôpitaux, avec un budget total de 51,222,063, assistaient '125,000 indigents, tant malades qu'infirmes et vieillards. En 1876, quarante ans après, 1,528 hopitaux, avec un budget total de 11ft,1:267, 0 l francs, assistent li.7D,000 individus, tant malades qu'infirmes et vieillards. Les ressources ont augmenté de 120 0/0 et le nombre des indigents traités de 13 0/0 seulement! C'est à se demander, dit un économiste (2) à qui j'emprunte ces derniers chiŒres, si les hôpitaux sont faits pour les malades, ou si les malades ne sont pas plutôt un prétexte à l'enrichissement des hôpitaux. (1) Yoir Étrules et pl'O{Jl'ès de l'hygiène en F1'!J.1Wf.' de lSiS à 1882, par H. Napias et A.-J. )lartin. G. Masson, éditeur. Voir aussi, chez le même éditeur, Manuel d'h!JfJiène indust,·ielle, par 11. Napias. Ces deux importants ouvrages sont, en quelque sorte, cla$SÎlJUesclans les sujets qu'ils traitent. (2) A. BARON: Le Pauptfrisme, ses causes et ses remèdes.

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