La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

178 L.\ BEVUE SOCL\LISTE les invalides, mais les mendiants valides furent sans pitié « envoye;; en o,,/lèl'cs /JOW' !J til·c,. p111~ /~l'ce it la rame». . . ,. Ces mesures prises en 101.t ne furent pas tres efficaces, tant lindustrialisme naissant créait de nouvelles misères. Si nombreux étaient les mendiants à Paris, qu'au début du XVII' siècle, des spéculateurs eurent l'idée de dresser des plans en vue de l'organisation pour le travail de cette misère. Dans une très substantielle étude sur la rmserc it Paris et les bii1·cau:c 1/e l,icn(oi.~rtnte, ~I. Paul Robiquet nous apprend qu'en 160~, un certain ~liche! Gaulthier, soumit au prévot des marchands et échevins de la ville de Paris deux propositions: « L'une de néioier ladicte ville plus exactement beaucoup qu'elle n'a jamais esté et la libérer des puanteurs et infections provenanies des boues, sans aucune charge extraordinaire, et l'autre de la deschargcr d'un grand nombre de pauvres Yalicles,hommes, femmes et petits enfants, sans qu'il en couste rien au peuple (1). » L'entrepreneur demandait, pour l'exécution de son plan, qu'on lui attribuât les sommes dépensées annuellement pour l'entretien de la ville et qu'on mit à sa disposition les fumiers provenant des écuries et des étable~. Il se chargeait de nourrir à ses frais tous les pauvres valides, à condition de les employer à sa guise : L'acceptation des offres de ~liche! Gauthier aurait permis de ~upprirnc,· la taxe des pauvres, qui était fort impopulaire; mais on recula ~ans doute dc,·ant les e;,,ip-ences de l'entrepreneur, qui ,·éclamait une adjudicatio11 de Yingt années. Peut-ètre aussi le corps de "illc hésita-t-il à se décharger ~ur un particulier <leses plus impol'tantes attribution~ édilitaires. Toutefois il était intére»,ant de signaler un plan où se trouve en germe le principe de !'utilisation <les boucs et immondices. Gaulthier \'Oulait, en effet, établir aux emirons de Paris « doll,'C c,•1:01wmie.e, t lieu.r de me.,net[Jement 01i il /!lit elllployer les µm:1·c~et J'aire caloir pa,· son i,ulu.,trie le~ 01·dures et invnondices ,,. llenri Ill avait fondé, en 15i6, l'l,clpital des pauHcs honteux, et Louis Xlll celui <lesmcurables, en 1G37; mais il était réser,·é ,\ Louis XlY de prendre des mesures décish·es ,\ l'é!!ard des paunes valides. C'est lui qui, par l'édit <l'avril 16;;G,fonda. l'llùpital général pour renfermer les mendianh et les paunes. Paris en co111ptaitalors 40,000. Les magistrats leur ordonnèrent de ('~sser de mendie,· ou d'entrer dans l'Hùpital, qui s'ounit le 7 mai Hi57. l,000 i, 5,000 men,liants se laissèrent enfermer: le reste sortit <le Pa,·is et se répandit dans les pro,·inces. ~lai, le régime de l'Hùpital général ne différait pas assez de celui <l'une maison <le force JJ0Ur qu'il pùt séduire beaucoup des mendiants . •\ ~n <le résister aux archers et au bailli de l'hôpital, les indigents s'attroupa,ent et faisaient Je véritable. émeutes; il y en eut huit dans la seule année IG59\2J. 1\ Requête à nos sei[Jnew·s de Pal'/ement. In-4• 13 pages, 1602.- Opuscule fort rare <1uenous n'a\'ons ,u cité nulle part. - Note de ~!. Robiquet. 2)_l'au! Houtcit:Er: Lr<misère à Pct,•is et les bureau;,c cle bienfaisance. Economiste j'Ntnçctis du 21 février 1881.

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