lïG LA REVUE SOCIALISTE III L'ASSIST.\XCE SOCI.\I.E O.\NS LES DEfiXIERS SIÈCLES Le premier essai_cl'assistance sociale systémat_iquc.,cl_ansl'Europe moderne date de !'Edit de 1G02rendu par la reine hlisabeth, pour tùchcr de parer à la situation dont il vient d'être parlé. Cet édit, connu sous le nom de loi ,les pa11vres (poo1· law) invitait les juges de paix à nommer tous les ans deux i~specteurs des p_auncs choisis parmi les propriétaires de la paroisse. - Ils devaient s'entendre avec les m:wguillicrs pour faire donner du travail aux pauvres, secou1-irles indigents incapables de travailler et imposer à cet cfîct les propriétaires et locataires de terres et de maisons - l11J'edes piuwl'es /pool' rnle). Le système fut complété en l(i2:Jpar la fomlation de wol'hhousrs (maisons de travail) et en 1ü02 par la loi di• f/omirilc (seltlrmenl), en Ycrtu de laquelle le pauvre infirme ou valide, n'avait dl'oil au secours ou au travail que dans la paroisse où il avait son domicile légal; celte loi fut modifiée notamment sous le coup de la baisse des salaires, en Iïti~. Un autre acte dispose « qu'aucun pauvre valide ne sera obligé de recourir aux tvol'hhouses, mais qu'il sera pourvu d'ouvrage chez lui ou près de chez lui. En 1ï0:;, les magistrats de <Juelquescomités du Midi publièrent un tableau des salaires que chaque ouvrier devait gagner, vu le nombre de ses enfants et le prix du pain ( l 1. L'assistance devenait sérieuse; en 1801, la taxe des pauvres s'élevait à LOOmillions de francs. En l~3:J, à :200millions. C'est a!ors que lord Althorp, craignant, disait-il, que la propriété ne fût dévorée pat· la pauvreté, proposa de laisser la faim faire son œuvre contre les pauncs. En vertu du poo1· letw anw1Hlmrnt ad qu'il fit adopter en 183'1,.le 11.•ork/wusene fut plus que le refuge exclusif des vieillards et des infirmes. On n'y reçut plus que très temporairement les valides en les faisant durement et stérilement travailler (2). Qui n'a mémoire des fameuses roues toumées à Y ide? Le v•o1·/;houseétait devenu une maison de correction. C'était cc (1) On voit 'Ill<' le 111ini111wn des salaires u·e~t pas chose si utopique, puisqu'il ~-a eu des tentati,·e, d'application partielle. /2) Le 1<'<11'1.i,nrise <l'apl'i,s 1$31 étaient bien véritablement une maison de t-,n·c111·D. ans les si virnnts portraits de miss :llann et du bedeau Humble Ch,irl,•s Dieh.cns a raconté les souffrances des iurortunés pensionnaires cl~ rcr,l'i.J1r,u•e, roués de coups, exténués et affamés pour qu'ils meurent plus ,1tc <'l <li-1,arrassenl la paroisse. Depuis, l'opinion s'est émue, et les cruautés c.lout:llalthus et lord Althorp restent responsables devant l'histoire, ont fait place à une réclusion moins dure.
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