LE DROIT A L'EXISTENCE 173 plus tard Socrate put dire : « Il n'y a personne qui soit assez pauvre pour faire honte à l'Etat par la mendicité. » On a calculé que les citoyens d'Athènes recevaient en moyenne plus de :[iO francs par tête et par an, ce qui correspond à environ 1,000 francs de la rnleur actuelle (1). » A Rome même, l'assistance sociale ne fut pas inconnue en suite des révoltes plébéiennes et aussi de l'action des admirables Grncches. Dans les derniers temps de la République, 3:20,000 citoyens bénéficiaient des distributions régulières de l'aumône. Ce nombre, réduit à 1~0,000 par César, à la suite de colonisations nombreuses, fut porté à 200,000 par les empereurs qui suivirent. ?\otons bien qu'il ne s'agit ici que de chefs de famille, et qu'en fixant à cinq personnes le nombre moyen des familles, nous aurions un million de bénéficiaires des lois frumentaires dont l'application n'avait rien d'humiliant. L'assisti.nce proprement dite revêtait d'auti·es formes, en p1·emière ligne desquelles il convient de placer les régulières distl'ibutions sportulaires que faisaient les riches ~1 leurs clients. L'Etat lui-même ne s'en tenait pas à l'aumùne: Les « institutions alimentaire," de i'ierva et de Trajan en faveur des enfauts des familles pau\Tes de llome et do l"Italie, no firent que s·ajouter il celles qui existaient déjà; aux deux ecnl mille citoyeus qui ,·irn.ienl du blé de l'Etat, ou se contenta d"adjoindre cinq mille enfants auxquels on itcco,da la m,•me fuveu1·. :::ians cloute, le Sénat romain se sout:iait peu d"améliorer le sort des plébéiens; sau, doute, cette dure aristocratie ne fit qu'obéir à la néeessité, eu nie de ùi·touraer le péril présent. ~fais de quel ,lroit met-on en doute la sincérité el le zi-lP <le ceux qui se dèdaraieut les patl'on~ du peuple'? Cne loi très curieu,;c de l'empereur Claude rendait la liberté il l'escla,·e mal«de que son maitre "'·ait chez lui ou a,·aiL négligé de place,· dans un hospic-c(2\ On se gardera, toutefois, d'admirer, lorsque l'on songera que les distributions s'ad1·essaient à un peuple de soldats dont toute la fon<.:tionétait d'asservir et de dépouiller les autres peuples au profit du cruel patriciat qui pendant des siècles mit le monde au pillage; lors11uel'on se rappellera qu'au-dessous de cette plèbe assistée, plus de soixante millions d'êtres humains souffraient de tortures et ct·opprohres sans nom, dans les enfers de l'esclavage, sur toute la surface de l'immense empire (:3). (l' .\ll>crt H1;Gx.,nn, Rrtppol't cm Congrè.< inte,·,wlional cle l'a~sistwwe publique à Pcwis en l~tl!J. t2) .\. H.>:o,-;.\lu., toc. ,·it. 13) D'ap1·ès les plus moJemes et les plus scneuses statistiques, l'empire romaiu, à son apogée, comprenait seulement 8ll nullions. u·habitants. Il avail
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