La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

166 LA REVUE S0.CIALISTE qui sont toutes pareilles, m'ont paru av~ir 12 pieds de lo_ng,7 pieds de laro-e et 7 pieds 1/2 de haut. Les clo1sons sont en lmques blanchies i la chaux. Le sol est bétonné. Elles sont éclairées au gaz, ont un bassin fixe pour la toilette, un lit de fer qui peut se replier contre la muraille, et deux tables, également. en fer, qui se replient aus5i et servent l'une de table, l'autre de siège. Enfin, au fond de la cellule, près de la fenêtre, se troave le bassin des water-closet, avec un couYerclc rond et un levier pour l'eau, afin d'éviter les malsaines émanations du tuyau. Je n'ai pas l'intention de donner sur cette prison d'autres détails que ceux qui sont nécessaires pour la claire compréhension de certains faits dont elle a été le théâtre; aussi me contenterai-je d'ajouter brièvement que les cellules et les côuloirs qu'on me montra étaient extrêmement propres; et qu'aux étages supérieurs on pouvait réellement jouir de l'éclat des belles journées. En revanche, les étages inférieurs me parurent humides et sombres, et je trouvai que l'aération était partout insuffisante. La fenêtre de chaque cellule donnant sur le préau, qui est une espèce de puits profond et carré, il est rare que l'air y pénètre d'une part; de l'autre, la ventilation artificielle est insuffisante, mal organisée. Les conditions hygiéniques, ainsi que le montre la statistique des hôpitaux, sont, du reste, kès peu satisfaisantes. Même dans les premières années, un cinquième des criminels qui s'y trouvaient internés, passaient à l'hôpital, au moins quelques jours par an (1). En 18 1, elle eut 116 cas <l'anémie et de scorbut (2). Les prisonniers politiques, dans la maison de détention préventive, sont soumis à un règlement assez doux. On ne leur fait point porter d'uniforme; on leur permet de voir leurs parents et même de se procurer certains livres et des vêtements. Ils peuvent aussi avoir de l'argent, qu'ils remettent au directeu1· et faire prendre, dar,s un restaurant, une nourriture spéciale. (11 li Y a,·ait dans la mai~on de détention pré\'entive : En 18i6..................... 1,502 hommes. En 1877.................. .. . 1,HS En 1878..................... 1,105 Total...... 3,815 Total : 4,305. Sur cc nombre furent malades : En 1876..................... 116 hommes. En 1877......... .. .. ... . . ... 287 En 1878..• . .. . . . . . ... . .. . . . . \!06 173 femmes. 149 138 460 33 femmes. 45 40 729 118 Total. .............. ~ (2JRapport de l'administration centrale des prisons pour l'année 1884, p. 234.

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