, LA HEVUE SOCIALISTE suit Je prolétariat pour la rénovation philosophique, politique et sociale de l'humanité, qui, un jour, connaîtra les splendeurs du bonheur universel. » • Un pied dans la fosse, en effet. Par une généreuse, mais, hélas ! funeste délicatesse, de Pacpe avait cédé beaucoup trop tard aux fraternelles objurgations du parti ouvrier belge qui, depuis longtemps, voulait l'envoyer chercher la guérison dans le midi de la France. Il n'y avait plus d'espérance quand il arriva à Cannes, le 12 octobre dernier. Ni les soins affectueux de ~a digne et dévouée compagne, ni les conseils éclairés du docteur Pouzet, qui était deYenu son ami, ni l'cntourement fraternel d'amis empressés, n'ont pu arracher sa proie il l'implacable mort qui, après de cruelles souffrances héroïquement et patiemment supportées, l'a frappé le H) décembre U:lOU, date funèbre désormais pour le socialisme des deux mondes. Tous ceux qui, sur la tombe ouverte du grand socialiste, dont les funérailles ont égalé en attendrissement et dépassé en solennité celles pourtant si mémorables de Ferdinand Lassalle en Allemagne, de Svétosar Marko\\'itch en Serbie, ont rendu le juste hommage à ses vertus publiques et privées, tous ces amis de la première ou de la dernière heure ont insisté sur la largeur de ses conceptions philosophiques, politiques et sociales, et ils ont été dans la vérité. Qu'il me soit permis d'en donner ici une preuve en citant un passage de la dernière lettre que je devais recevoir de la main de cet inoubliable ami. En cette lettre, datée de Bruxelles, 12 septembre, après avoir annoncé son prochain départ poul' Cannes, de Pacpe ajoutait, faisant allusion à un livre récent : ,, Et moi aussi, tu peux m'inscrire parmi les adeptes du socialisme intégral, bien que les circonstances m'aient amené à m'occuper plutôt du côté économique du socialisme. Mais, toujours, j'ai vu dans le socialisme autre choEe qu'une nouvelle organisation du travail et de la propriété ou qu'une plus équitable répartition des richesses parmi les hommes. Toujours,j'ai considéré que le socialisme touchait à tous les côté~ de l'homme et <lel'espèce humaine et que, à l'instar du philosophe antique, il pouvait prendre pour devise : Nihil humani a me alienmn 1iuto. 1otamment, la morale et le droit, l'anthropologie et la criminologie, l'hygiène publique et la philosophie de l'histoire, la pédagogie et la démographie, les questions philosophiques et religieuses se ressentiront presque autant peut-être que l'économie politique elle-même de cet immense et complexe mouvement d'idées soulevé par le socialisme au x1x• siècle. La littérature, les beaux-arts, les conceptions esthétiques ne lui sont pas plus indifférentes, et porteront également la marque de son influence. »
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