La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

CÉ3AR DE PAEPE 13 Telle était bien la pensée que, plus d'une fois, dans ses jours de douloureuse agonie, où il domptait si héroïquement la souffrance, nous l'avons entendu développer avec une hauteur de vues et une profondeur de sentiments qui toujours nous faisaient découvrir en cet admirable novateur de nouveaux trésors de science et de bonté. Certes, Volders a été autorisé à dire de lui : « Il fut, de tous les pères du socialisme contemporain, celui qui réunit le plus complètement ces deux choses : la science et la bonté. » r on moins bien inspiré a été son savant ami Hector Denis, lorsque, pour donner une idée de l'ampleur philosophique qui fut la qualité dominante de de Paepe, il s'est exprimé en ces termes si frappants et si exacts : « Dans cette nature, le sentiment humain cherchait sans cesse et p"-rtout une expression aussi étendue que l'humanité mème; c'est pourquoi il fut et restera pour l'histoire un véritable apôtre de toutes- les manifestations internationales de l'idée, du sentiment et du droit. • De cette conception, nous nous inspirerons, dans la tâche pieuse qui va nous incomber, avec quelques amis du premier degré qu'il nous avait lui-même désignés (1), de cordonner et de publier les travaux dispersés et les manuscrits inachevés de l'incomparable travailleur. Puissions-nous ne pas trop être au dessous du magnifique programme que nous a tracé Hector Denis et réussir en elîct, à réunir les fragments de l'œuvre de de Paepc, à en reconstituer le plan, en marquer l'étendue, l'harmonie, la beauté et« apaiser ain,:i la mémoire inqmète de cet ami infortuné qui, ayant consumé toute l'énergie de son corps et de sa pensée, croyait encore ne pas avoir assez donné. • B. MALON, (l) La même désignation a été faite à Louis Bertrand; elle comprend, outre Bertrand et l'auteur de ces lignes, les noms suivants : Fernand Brouez, l lector Denis, Doméla-Nieuwenhuis, Paul Janson, Ernest Vaughan et Jean Yolders.

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