La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

152 L.\ RE\TE SOCIALISTE paru que c'était une lâcheté ~e-~~uloir échapp:r ~ la douleur ~)ar la suppre~sion de la vie, - mais J ai som·ent pen,,é à cette solution, et cherch{·comment je pourrais me tuer dans une cellule n~e com_n~e l'était la mienne. J'allai même une fois jusques à examiner s1 JC pourrais me pendre au tuyau à air c'.1au~qui s'~vançait cl~- deux _ou trois pouces au-dessus rlu poêle. Je n avais pas reellcrncnt 1111tent10n de me tuer, mais je prenais un intérêt maladif à savoir s'il m'était, ou non, possible de le faire. Dès que je me suspendis à ce tuyau, il tomba de la maçonnerie, et Dt assez de bniit pour attirer !!attention du gardien qui se promenait dans le corridor. Séance tenante, on me conduisit dans autre cellule. Je n'ai plus tenté depuis lors aucune autre expérience de ce genre. « On dit que ce pauvre Goldenbcrg réussit à se tuer dans la forteresse; je ne sais pas <lutout comment il a pu s'y prendre. Dans ma casemate, j'ai acr1uis, moi, la certitude que je ne pourrais me suicider qu'en m'ouvrant une artère avec les drnts, ou bien en me brisant la tête contre la muraille. Et je ne tardai pas à devenir si faible que je doute fort que ce demier moyen eût pu me réussir. » XXVII LE:; PRISOX\ICRS SOXT-11.S FOUETTl,S CT TORTUni-:s D.\'i.~ 1..\ FORTERESSE'? Je n'ai l'intention ni de nuire au gouvernement russe ni d'exciter aucune sympathie en faveur <les révolutionnaires, et je me garderai d'exagérer les soufîrances des condamnés politiques dans « la section <leservitude pénale » de la forteresse Pierre et Paul. Je Yeux uniquement mettre en lumière certains faits que j'ai toutes sortes de raisons pour croire vrais. Stepniak et le prince Krapotkine ont peint la vie des prisonniers politiques aYec des coulrurs un peu pins sombres que celles don~ mes informations personnelles me permettent ùe me servir. Parmi la cinquantaine <ledétenus de la forteresse, dont je fü; la connaissance en Sibérie, aucun n'aYait jamais entendu parler de cellules situées au-dessous du nh·cau de la Néva ni de la fameuse lettre . . . . , ecr1te par Netchaief avec son sang, ni de cachots infestés par les rats, ni de condamnés frappés à coups de fouet, ni d'aucun cas de t~rture. Cependant, je ne puis affirmer que les assertions de Stepmak et du prince Krapotkine soient inexactes, mais enfin elles ne sont pas corroborées par mes recherches 1)ersonnelles. Il y a dans la forteresse des cellules si humides que le sel et le sucre y fondent en <1uelrruehseures, et ces cellules sont quelquefois occupées. Seulement elles ne sont pas situées au-dessous du niveau de la Néva.

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