146 LA RE\.UE SOCIALISTE LA CRISERÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE (Suite.) XXIII ::-iOUYEA\;X oi'.:TAIL SUR L.\ YIE DE PRISO::-i DES HÉYOLUTIO~X.\IRES. Pour tout ce qui est relatif à la vie des prisonniers politiques dans la forteresse de Pierre et Paul, il ne faut pas oublier que tous ceux qui, hommes ou femmes, languissenJ pendant des mois et des années dans le silence des profondes casemates du bastion de Troubetzkoï n'y sont que pour attendre l'heure de leur procès. Leur situation n'est aucunement celle de condamnés qui subissent la juste peine que leur ont inlligée les tribunaux. En général, ce sont, tout au contraire, des innocents auxquels on refuse pendant un temps indéterminé le droit de se défendre, et que l'on traite comme si leur culpabilité était reconnue. Il est, en effet, indiscutable qu'une très grande partie des personnes que l'on incarcère sur des charges vagues sont innocentes. Il y a même un document officiel qui l'atteste. J'ai, d'ailleurs, eu déjà l'occasion de rappeler que, sur plus de mille personnes arrêtées sous prétexte de participation à la prétendue propagande révolutionnaire de 18ï2-75, cent quatrevingt-quinze seulement furent jugées. Et, sur ce dernier nombre, quatre-vingt-dix furent acquittées par des magistrats que le gouvernement lui-même avait choisis. Par conséquent, quatre-vingt-dix de ces prisonniers étaient innocents, même des obscures inculpations contenues dans l'article :250 du Code pénal russe. Ils n'en subirent pas moins, avant d'être relaxés, de six mois à trois ans de régime cellulaire dans la maison de détention préventive, ou dans les noirs tombeaux du bastion de Troubetzkoï. Quand un système obtient de semblables résultats, il est au plus haut de"ré arbitraire, injuste et cruel. 0 Suffit-il à excuser les violentes représailles des terroristes ? C'est là une question sur laquelle les avis diffèrent; mais on con-
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