LES co;-.;01TJO'.\S DU TR.\ YAIL << cette époque (1886), le principe de la non-intervention des pouc voirs publics dans l'organisation industrielle était considéré en « Belgique comme un axiome indiscutable, et bien peu de membres « du Parlement songeaient à en atténuer la rigueur dans ses ap- << plications. » (Alors quels résultats fruct.ueux pouvaient, avant 1886, retirer les ouvriers belges de mesures gouvernementales qui n'avaient pas encore été prises?) « C'est là cc qui a plusieui·s fois « empêché le vote d'une loisur la réglementation du travail des en- « fants. On estimait, comme les économistes de l'école de Jean- « Baptiste Say, que ni la loi ni 1>8tat ne doivent s'interposer entre << le patron et ses ouvriei·s, quels qHe soient l'âge et le se.rede eeu,c-ci.» Le demier membre de phrase donne une fière idée des connaissances de M. Bourée en matière d'érudition économique! Il n'est pas étonnant que les volumes publiés par la Commission du travail lui paraissent« ce qui a été publié,jusqu'à ce jour, de plus complet»! Mais la commission a couru un danger auquel elle a d'ailleurs échappé sans difficulté, et M. Bourée n'a pas assez d'admiration pour elle ; le danger << était, dans des matières aussi délicates, de « tomber dans des conceptions assez en vogue aujourd'hui, du « ::;ocialismepur ou du socialisme d'État, tel qu'on l'a conçu en Al- « lemagne durant les dernières années ». Vous comprenez que si la commission nommée par le roi Léopold était tombée dans le socialisme, les socialistes belges lui auraient joué le maurnis tour de ne pas la repêcher. « Elle a su, on doit le reconnaître, résister à « cette tentation, et sauf quelques exceptions insigniûantes, le pro- « gramme qu'elle propose est resté dans une note modér,;e. » Tout est donc pour le mieux dans la plus heureuse des Belgiques ?? Je crois inutile d'aller plus loin : j'ai eu le courage de lire ce rapport jusq11'au bout, et la rougem de la honte me monte au front quand je pense qu'au ministère des affaires étrangères on n'a pas jeté au feu cette accumulation de sottises et d'inepties; qu'on l'a lais.'lé paraitre sous la signature d'un ministre plénipotentiaire fran~ais. Les joumaux capitalistes belges en tireront un excellent parti. M. Bourée a dù recevoir déjà leurs félicitations. M. <le Caprivi ne lui enverra pas les siennes, mais il peut compter sur ses bonnes grâces - elles lui sont acquises désormais. Pour qualifîer, non pas cette pièce, elle est inqualiûable, mais la publicitl donnée par le gouvernement français à un document pareil, je ne trouve pas de terme ordinaire applicable. C'est une bêtise et une indignité - entre tant d'autres. Gt:STAVE RouANET. 10
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