La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

iH LA REVUE SOCIALISTE t' Kint de Roodcnbcke: « La nécessité de réglemente_r le travail ind l • 1 tout au moins en ce qui concerné le travail des femmes « us rie, • • B « et des enfants, nous paraît évidente. Il sera d1ffic1lepour la el- « gique de rester plus longtcmp~ isolée, sous ce rap~ort, de toutes « les autres nations manufacturières du globe. • C est, en elTet, cet isolement social de la Belgique, au milieu des pays man~facturiers qui l'entourent, qui caractérise l'éta~ des choses é?on011:nque belcre.Jusqu'à 1886, toute idée de protcct10n du travail avait été rep~ussée avec force, aussi bien_par 1~parti cat~olique que _rar le parti doctrinaire. Il fallut les incendies des usmes Cockerill, les émeutes de Seraing, les flambées des verreries pour forcer les classes dirigeantes belges à prêter une attention sérieuse aux revendications ouvrières. D'où la commission de travail instituée en 1886. N'empèche que M. Bouréc déclare que les «intéressantes questions « économiques au sujet desquelles des rapports détaillés ont été « demandés aux agents du département des affaires étrangères « sont l'objet, en Belgique, depuis déjà de longues années, de l'exa- « men le plus attentif. Dans un pays, ajoute-t-il, où la fortune pu- « blique dépend de la plus ou moins grande prospérité de !'indus- « tric, toute amélioration, tout progrès dans les multiples questions « touchant au travail national, au bien-être des ouvriers, à leur c condition, à leurs salaires, devaient nécessairement appeler l'in- « térêt des pouvoirs publics ... » Puis, il nous montre les usines Cokerill, à Seraing, le Val-Saint-Lambert, les charbonnages « multipliant les crèches, les écoles pour les enfants, les hospices pour les malades et les vieillards •. Par « un sentiment des plus Jouables », les directeurs de ces vastes établissements ont poussé parfois la générosité jusqu'à « payer à leurs ouviers les quelques jours qu'ils consacrent il. confier à la terre leur précieuse semence (lisez la pomme de terre), donnant ainsi un témoignage de l'intérêt <1u'ilsleur portent. » - Malgré tout, les ouvriers nourrissent à l'égard de leurs patrons « ùcs sentiments d'hostilité inexplicables! » Il faut que les ouvriers belges soient bien ingrats, puisque non seulement ils sont comblés par la bienfaisance de leurs patrons, mais encore, « depuis 18't0, l'action du gouvernement se manifeste sans cesse à côté des lentali\·c:; de toute nature dues à l'initiative privée. "'A preuve, scion l\l. Bourc':c:l'enrruêtc du :Wfévrier 18'i.O;l'arrêté royal du 1::ï septembre 18'[:j qui a complété le personnel de l'enquête institué en 18'1:3,et enfin la c troisième enquête du 3 novembre 1863 », qui a précédé immédiatement celle de l&~û. « Toutes les mesures gouver- « nemcntalcs ont produit des résultats fructueux, et chacune d'elles « a été, pour le travailleur, le point de départ d'une amélioration « ma~cruéedans _sonexistence.» (Je cite sans ti·onquer; il s'agit des progres accomplis avant 188G). A la page suivante il dit: « Avant

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