134 LA REVUE SOCIALISTE • ·strc de la République française à Stockholm, a réuni, en effet, m1m ·r l · une masse considérable de renseignements comparat1 s sur es prmcipales questions dont l'ensemble constitue, de nos jou~s, la _question sociale proprement dite. Après un exposé très hie~. fait des conclusions qui paraissent se dégager :de ces éléments d mformation il a donné en annexes les pièces originales auxquelles il avait puisé. A défaut de celles-ci, quan_d les sources lui ~nt paru tr?p étendues, il en a publié un résume complet. Le service des statistiques nous paraît, du reste, très bien organisé dans la péninsule scandinave, si, en toutes matières, il réunit des faits aussi abondants et variés qu'en ce qui concerne l'état des classes ouvrières. Le rapport distingue la Suède de la Norvège. l\Iais cette distinction est de peu d'importance pour nous. La législation et les coutumes économiques sont les mêmes pour les deux contrées, bien que l'état de la production diffère essentiellement. » La pêche, l'agriculture et l'exploitation des forêts occupent en cfTet la grande majorité des ~orvégiens »; tandis qu'en Suède l'industrie a déjà pris un grand développement. On compte 30,000 ouvriers de fabrique dans le premier pays, contre 300,000 dans le dernier. La population ouvrière totale de la Suède est estimée par M. Millet à 500,000 personnes, cc qui représente la population ouvrière normale des autres grands pays d'Europe. On évalue, en effet, généralement le chiffre de la population industrielle au dixième de la population globale. La situation économique de la Suède ne différerait donc pas sensiblement, sous le rapport des classes, de celle de l'Europe centrale ou méridionale, si la distribution géographique de la classe ouvrière suédoise n'était différente de ce qu'elle est dans les autres pays. En Suède, en effet, les industries sont dispersées sur une surface immense de territoire encore très peu peuplé. Les usines se trouvent donc situées à une grande distance les unes des autres. Elles ne peuvent guère, au moins dans les conditions démographiques actuelles, s'agréger, comme sur le continent, pour former ces vastes agglomérations qui dépeuplent incessamment les campagnes au profit de la population urbaine, en voie d'accroissement constant. Il n'y a, à proprement parler, que deux grandes villes en Suède : Stockholm et 1orkoping. La capitale a pris au cours de ces dernières a~n~cs_une grande importance industrielle, et elle compte aujourd_hu1 '1..> ou 30,000 ouvriers de l'industrie, sur une population de 250,000 âmes. cc La ville de Norkoping, le plus grand centre pour la filature et le tissage, compte en tout 28,600 habitants. » Cette distribution de la classe ouvrière doit nécessairement influer sur le mode du développement économiq~e de ce pays et' sur les mœu:s. Cependant, ainsi qu'on le verra plus loin, les aspirations des ouvners suédois ne diffèrent point de celles de leurs frères du
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==