LES CONDITIONS DU TRAYAIL continent, et leur condition de salaire et de travail est sensiblement la même, tant le mode de production contemporain tendàsegénéraliser, même là où des conditions géographiques particulières sembleraient devoir lui susciter des obstacles insurmontables. Ainsi, le travail de la femme et de l'enfant fait une concurrence sérieuse au travail de l'ouvrier adulte. La proportion totale du nombre de femmes employées par rapport au chifTre des ouvriers est relativement faible: 16 0/0. Mais dans certaines branches de l'industrie, la concurrence de la femme est désastreuse. Dans l'industrie textile, il y a plus de femmes que d'hommes occupées: 63,4 0/0. Le chiffre des mineurs est de 10 0/0, et un grand nombre de jeunes ouvriers sont employés dans les industries les plus malsaines. Exemple : Fabriques d'allumettes ................... . Yerrerie ................................. . Imprimerie ............................... . Filature et tissages ...................... . Fabriques de porcelaine .................. . 2!),0 0/0 25,7 0/0 23,6 0/0 20,3 0/0 15,~ 0/0 Dans quelles proportions le travail de la femme et de l'enfant, naturellement moins payés que l'homme, pèse-t-il sur le salaire de l'ouvrier adulte? C'est cc qu'il n'est guère possible de déterminer, M. :Milletne nous donnant pas, dans son chapitre des salaires, les éléments qui eussent pu nous éclairer sur co point. La valeur du salaire dépend, en cfTet, du coût des objets de subsistance. Son expression numérique n'a aucune signification, sans l'expression de son pouvoir d'achat efTectif. Dans l'opinion de notre ministre, la situation matérielle de la classe ouvrière suédoise et norvégienne serait cependant relativement meilleure que celle des autres pays d'Europe (1). Mais ce sont là des conjectures dénuées de preuves. - Passons. L'intervention sociale de l'Etat est très confuse dans la presqu'ile scandinave; elle est encore, dans les principales branches de son (1)En passant, je dois relc,·er une grosse inexactitude commise par ~I. ~lillet au chapiire des salaires de~ ouvriers norvégiens. ,, Lorsqu'ils se trouvent • dans le besoin, dit-il, il faut le plus sounmt atlribucr cette situation au vice, « assez répandu, d'ailleurs, de l'ivrognerie. • c·est là une calomnie gratuite à l'adresse de la classe ouvriere norvégienne et qui s'explique, dans un rapport si sérieusement fait, par l'opinion_très fausse qu·on se fait sur la distribution de l' alcooli,me en Europe. On a dit souvent et on dit encore que le climat a une influence consiùérable, primordiale, S\11' la consommation de l'alcool. L'extrème sobriété des hommes du M di conlraslerait avec l'extrême intempérance des habitants du Nord, soumis à l'action d\1n climat très froid. li est possible que les climats à lempèrature éle,·ée prédiposcnt à la sobriétébien quo j'aie pu conslater à quel point l'alcoolisme était répanùu parmi les
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