La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

10 LA REVUE SOCIALISTE internationale des Travailleurs qui allait ouvrir une voie nouvelle pour le prolétariat d'Europe et d'Amérique, en lutte pour son émancipation. Ce fut pour le jeune secialiste le point de départ d'une activité propagandiste inouïe. Aidé par les vaillants qui ont nom Jacob Kats, Brismée, Stcens, Hins, Fontaine, Robert, Maëtcns, Van der Ilouten, Standaert, Laurent Vcrrychcn, Paul Robin, Debruggcr, Delvaux, Deplanche, Zéhir, etc., qui ont inscrit leur part d'œuvre dans les annales du prolétariat belge, de Paepe entreprit et poursuivit avec succès cette campagne de presse, de tribune et d'organisation ouvrière qui amena en trois ans plus de G0,000 travailleurs dans les rangs belges de l'Internationale et, jusqu'à l'avènement de la Commune de Paris, fit de Bruxelles la capitale morale du socialisme international. Kon moins brillante fut l'action européenne du jeune socialiste belge. Pendant que, dans le journal 1'111tel'llationale, il jetait les bases du collectivisme théorique, il faisait triompher la nouvelle doctrine dans le congrès de Bruxelles (18G8)et de Bàle l80!JJ. Les rapports qu'il lut à cette occasion restent et resteront comme des monuments du socialisme international. Après !'Année terrible, il s'occupa plus spécialement d"organisation, et, au congrès de Bruxelles en 1874.,il fit adopter sur l'organisation des services publics le célèbre rapport qui est encore la plus complète affirmation reconstructive du collectivisme moderne. Entre temps, il professait son cours d'économie sociale, il semait la première idée de ces Bourses de Travail que réalisent maintenant en France les municipalités socialistes; avec les jeunes, dont Louis Bertrand et Bazin, il travaillait à l'organisation des Chambres du travail qui ont été l'embryon du Parti ouvrier belge. Pendant qu'ainsi le militant agissait, sans cesse et dans tous les congrès de la démocratie il tâisait entendre sa voix autorisée ; le théoricien, le savant produisait sans cesse. Mais, de même qu'il nous est impossible <l'énumérer seulement toutes les œuvres auxquelles a participé de Paepe, nous ne pouvons dans cette rapide esquisse donner un aperçu de ses travaux intellectuels, répandus dans plus de vingt journaux et revues, notamment en ces dernières années clans la Société nouvelle et dans la Revue socialiste. Au moins nous pouvons ajouter que ces « grains de sénevé» ainsi dispersés ne seront pas perdus. Le noble penseur en a reçu l'assurance avant de mourir; ils seront pieusement recueillis et publiés par des amis dévoués, et ainsi son œuvre théorique survivra dans son ensemble. Malheureusement nous n'aurons pas moisson pleine, car, malgré tout, le militant a nui à l'écr\vain. C'est maintenant que

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