La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

CÉSAR DE P.\EPE sous le professorat d'Altrnaycr, il commençait sa philosophie en compagnie de ses futurs émules, Hector Denis, Guillaume Degreef, Paul Janson et divers autres de cette pléiade philosophique qui allait devenir, dans les prochaines années d'agitation, d'élaboration et d'action, l'honneur de la Belgique démocratique et socialiste. Comme toujours, de Paepe se faisait remarquer parmi les plus intelligents, quand il perdit malheureusement son père .. Il dut dès lors vivre de son travail et se fit ouvrier typographe chèz son Yieil et dé,·oué ami Brisméc, sans pour cela déserter les cours universitaires. On le vit alors faire œuvre triple et mener de front l'étude, le travail manuel et la propagande socialiste; dans les trois il excella. Bientôt, par Yoie de concours, il de,·enait interne des hôpitaux, et, en 1871, il était reçu docteur en médecine - avec lu plus !Jl'(tnde distinction - mention que portent ses diplômes. Cet effort inouï ne l'arnit pas empêché de devenir, dans l'intcrYalle, le chef théorique et militant du socialisme en Belgique, et le membre le plus influent des congrès de l'Internationale. Son activité politique remontait à treize ans dèjà. En 1 58, il débutait dans le cercle militant de 1ïaminr1en1 l'ooruit ! (Flamands, en avant!) En 1850, il s'affiliait aux Soliclaii·es, société mère de la Libre-Pensée en Belgique; en 18G0-1K61i,l participait à la fondatiorrde l'Association le Peuple et ,lu journhl la Ti·ilmne du Peuple. Il collabora presque simultanément à la Tribune dtt Peuple (Bruxelles), au Mii-abeau (Vcrviers), à la Libei-té (Bruxelles), à l'.1lmi du I'euple (Liège), au \Yer/;ei· (Anvers), au .Jaumal des Étudiants, à la Ril'e aauche (de Paris), au Sofr, de Paul Robin (Bruxelles), à la Ga~etle cleHollande (La Haye), à l'Eaalilé (Genève); plus tard au Sorialisme proaressi(, de Lugano, à la première Revue socialiste, à l'Emcmcipation (de Lyon), à la Zulmn(t (de Berlin), à l'Eaalité (de Paris). On reste confondu de tant d'études, de tant de travail, de tant d'actes, de tant de fécondité. Certes, il est mérité, cet éloge du Peuple, déjà cité : « Doué d'une intelligence merveilleuse et d'une mémoire sans pareille, il n'y avait pas une branche du savoir humain qui lui fût inconnue. C'était une encyclopédie vivante, et l'immensité de ses connaissances était telle qu'il nous arrivait souvent de nous demander comment un homme de son âge, ayant dû pourvoir aux nécessités de la vie matérielle, avait pu accumuler une telle somme de science. Nous avons vu que chez de Paepe le militant ne le cédait pas au savant : il était de ceux qui, en ltl8'1, fondèrent cette Association

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