La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

126 LA RE\'UE SOCIALISTE blement égoïste, et beaucoup plus dominé par ses instincts, u~ féroce désir de jouir, quo par des mobiles intellectuels. C'c5t le héros du livre d~ M. G_astino. Pour le pourtrairc, !"autour a eu ,rasscz nombreux types à. ga chspos1ho~. i\J. Gastine a tenté de nous Je rendre moins banal quo les exemplaires hab1- :ucllcmoot coudoyés, en nous le montrant à la pour$uite d'un idéal irréalisable, en proie à un mal que !'écrivain dénomme le Mal du cœur. Cela no_us parait un amusant euphémisme, car le mal dont 1\larccl Courmont est atlemt est la résultante d'appétits purement charnels; on le ,·oit tour i, tour, en com• pagnie d'une institutrice, d'une bonne, d'une modiste, d'une jeune fille qu'il cnléve et quïl rend mère; il les possède, il en nbusc sans nulrcs excuses que son bon plaisir, et sans reconnaissance aucune pour les pauvres trahies, il les abandonne tour ,, tour sans inquiétude. Les scènes sont un peu vives; mais il était difficile d'Hudier un aussi sca- • breux sujet sans quelques brutalités. En dépit du litre, qui est mauvais, le livre est une bonne étude d'un certain égoïsme; l'auteur aurait dû cependant conclure. li ne nous aurait pas déplu de l'entendre exprimer sa façon de voir. Sourires pincés, de :M. Jules llr.N.,no. c-hoz Lcmerre. Un joli litre, qui habille bien le lino très fin, d·un auteur très rusé, ironique en diable. Cc sont des nouvelles, des esquisses et des pensées qui dénoient un obserYalcur d/>licatement spirituel cl u·unc agréable méchanecté. - Lire à cc propos les Petites Bruyèl'e~. - Mai, pour11uoi ne pas recommander tout le livre, d'autant qu'on ne perdra rien à li1·cun aussi aimable moralists. Nous avions déjà parcouru un µ:rand no111hrcde cc~ pages, dans le si littéraire Mercure de jrance, cl le plaisir a été µ:rand pour nous, de les savourer à. nou,·cau. La marquise de Taisey-Chatenoy publie ses mémoires sous cc titre: A la cour de 1Yapoléon Il I, où elle fut dame d'honneur. 1\1.La.mouroux, naguère secréta.ire du comte Dillon, publie, après Mermeix, des révélations sur le boulangisme, sous ce titre: Un an d'e.cil (Savine, éditeur). Nous n'insisterons pas sur ces livres. Il , faut toujours se défier des racontars de valets congédiés. li nous répugne aussi de remuer tout ce linge sale. Un Vitellius peul priser rodeur du cadavre d·un ennemi; quant à nous, nous avons des goûts différents. L'écriture de MD• la marquise Je Taisey, Chatenoy est une imitation heureuse du siy lei de la Par faite cuisinière bou,•- geoi3e. M. Henri Le Verdier, l'auteur du D,·ame du t,·ain poste, du Tour du demimonde en quarante nuits, et de bien autres choses, est peut-être un auteur fécond, mais n'a pas, nous l'espérons, la prétention d'être un artiste ou un penseur. Unmodèle oicant, sa nouvelle production, ne sort pas d'une honnête • médiocrité. L'histoire est banale, el ne se rachète par aucune qualité de style ou d'observation. RODERT BERNIF.R.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==