La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

HEVUE DES LIUŒS sanes folios. Sainte Anne pour c:elui-C'.il,o Palais-Bourbon à défaut de i\lazas pour l"autre. Cela n·a malheureusement rien cl'~xagbré. Le système d'éducation qu'on applique encore est incapable de former de, vrais hommes, des hommes braves, justes et bons, et cc n·cst pa, 1x1rccque sont supprimés les exercices religieux, comme le prétendent certains - du temps du catéchi,mc, c'était pire, - mais parce que le système est absolument anlinaturcl et déraisonnable. Tout cela, i\I. Eu~énc i\forcl le diL cxecllcmmcnt dans son livre, en un ·stl"lc très net et très incisif, dans les nnmbrcuses pages où il C'ombat l'Université, où il ridiculise la vieille et solennelle pécore. li est moins précis, en son écriture, en quelques autres parties de son livre, mais c·est que là il ne fait qu'analyser des impressions, des rêves. Et c·cst un des charmes de la lecture du livre de :\1. i\lorel que ces oppositions de style, qui prouvent chez l'auteur une pensée droite et saine alliée à uue compréhension artistique remarquable. La Croix, par Üs<'ar .\li",, ,,-i.:1l, un volume, Sa,·ine, éùitcur. La c,,oia:, le nournau rnlume ù'ü~car :\léténier, <1ucSavine vient de mettre en vente, est cucorc un livre militaire qui arrirn ,, son heure aprùs Sous-Offs, Biribi. C'est en effet l"armée ,·ue suus un autre jour. Les mœurs militaires sont dépeintes dans cc linc très i,inci:rc avec l'il'onic à la fois amère et joviale qui caractéri>'<c!"auteur de Monsien,· Bct.•.11. Ecrit ,run style vif et alerte, ces récits plein d'humour cl d"unc ll'b exacte ob~cn·a(ion relrot11·eront auprès des lecteurs le succès do Madame la Boulc, de la Chail', de B"héme bow·r,eoise, les œunes auda<'ieuses qui ont fait et consolidé la réputation du jeune écl'ivain. A citel' surtout Rallye Pape,· et le Roman de Camille, parmi les nouvelles qui accompagnent la C,·oi.c. Monne, par Jean HAllEAU, un 1·olumc, Dcnlu, éditéur. Jean Rameau publie un nouveau roman, Moune, qui obtiendra bien sûre ment un gros succils. Moune est un 1i1Teexquis. C'est la touchante histoire d'une bossue, d"aborù méchante et triste, qui devient bonne et gaie dès qu'elle se croit aimée par un beau ga1·s, Justin Lartigue. Jean Rameau s'est souvenu de son pays natal, il rcdil, avec uu grand charme, les naïves mœurs des gar- • çons landais, leurs croyances superstitieuses aux sorcières, leurs rustiques amours, leurs fêles, les joyeuses veillées, les despouryuères où l'ou bavarde et où l'on chante eu dépouillant le maïs. On sent dans tout cela le bon poëtc, qui, dans la Chanson des Jttoiles,céléiJrait en vers puissamment émus la terre natale. C'est cela du viril et sain patriotisme. Nous l'avons déjà constaté, Rameau est un poète franchement peuple, dans ses veines couic le généreux sang rouge de la bonne race laborieuse et honnête; il a toutes les pitiés, toutes les miséricordes de sa lignée. N'est-ce pas ces sentiments-là qui lui font conclure son livre par l'aveu - hélas inutile! - du réel amour de Justin Lartigue pour la petite bossue, si pitoyable et si digne d'être aimée î Jean Rameau se venge, en écrirnnt de beaux et bons livres, des quelques mesquines satires que lui décochent d'impuissants beaux-esprits. Le Mal du cœur, par Loui5 GASTINE, un volume, chez Savine. Marcel Courmont est un êtJ'è comme on en ,·oit trop, non pas inintelligent, il nous apparait même avec quelques prétentions artisLi<1ucs,mais épouvanta-

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