La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

8 L.\ HE\'UE SOCIALISTE C'est au rayonnement de son savoir et de son ardente propagande que, dans le,; congrès del' Tnternatio1\ltle, s'élabora le collectivisme, qui est devenu la doctrine hégémonique du socialisme moderne. De son initiative au Congrès de Gand, en 18ï7, ont procédé pour une •~ranciepart les partis ouvriers contemporains ; et n'est-il pas le fils ~ltcllectucl de de Pacpc, cet admirable parti ouvrier belge qui tient si ferme et si haut le drapeau de toutes les revendications politiques et sociales? Aux œnYres 90cialistcs ne se borna pas l'activité de de Pacpe; il fut un des fondateurs de la libre-pC'nsée en Belgique, l'une des lumières de la Société internationale d'hygiène; il fnt le participant, hors pair toujours, de tous les actes collectifs de progrès philosophique, politique ou social accomplis en Europe. Et en même temps qu'il était l'homme du dévouement social absolu, de Pacpc eut toutes les vertus de l'homme privé. Chez ce savant prédominaient la simplicité et la modestie; chez ce militant, l'abnégation et la bonté. « Cc qui caractérisait de Paepe, lisons-nous dans le Peuple de Bruxelks, cc qui fut le sentiment qui inspira toute sa Yic et toutes ses résolutions, cc fut la bonté. Il était bon comme le sont les anges d'après les légendes chrctiennes; la tendresse pour les petits, pour les faibles, pour les blesses et les désespérés de la vie rayonnait autour de lui, et c'était le spectacle le plus attendrissant de voir ce souffrant compatir aux douleurs morales ou physiques ,t'autrui et s'efforcer de les guérir ou de les atténuer. » Bien digne d'un tel hommage était l'homme de fraternité humaine et de piti(, universelle qui proclamait que le seul emploi raisonnable de nos facultés est de travailler à l'accroissement <le la solidaritc sociale et à la diminution de la souffrance chez tous les êtres vivants et qui l1 ce haut précepte conforma sa vie, sa vie que les rnnts âpres et froids de l'épi·cuve troublèrent si souvent. Avec trop de vérité, le Peuple l'appelle« Ce souffrant. >> Lourde en effet fut sa part de tâche et de souffrance. Ayant à subvenir aux besoins <l'une famille nombreuse, il s'exténua de travail pour les siens et pom· autrui, en supportant, sans se plaindre, les plus dures privations, car, donnant tout, il ne voulait rien recevoir; et il s'épuisa si bien que l'implacable et cruelle maladie est venue le punir, lui le médecin des pauvres, lui le plus dévoué des amis, lui l'homme <letoutes les abnégations, d'avoir manqué <l'cgoïsmc. On parle encore <lela justice des choses. Qui pourtant avait mieux mérité que ce sacrifié? Né en lS'd, à Ostende,d'une famille de petite bourgeoisie, il n'eut guère que les joies d'une enfance studieuse; mais il en profita si hien qu'à dix-sept ans il entrait à l'Université de Bruxelles, où, '

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