La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 111 d'autres vous ont dit le citoyen, qui agr:tndit encore l'âme de sa magnanime patrie. Laissez-moi vous parler du socialiste qui consacra sa vie à agrandir notre conception du progrès politique, économique et moral. Laissez-moi témoigner de l'influence de César de Paepc sur la pensée socialiste contemporaine. Ce témoignage, je regrette que la maladie de notre vénéré ami Benoit Malon ne lui ait pas permis de l'apporter ici avec plus d'autorité. Pour César de Paepe aussi, la question sociale n'était pas seulement une question de pain quotidien, mais le problème de l'intégrale émancipation humaine. Républicain, libre penseur et socialiste, César de Paepc traYaillait à l'unité de la doctrine, à la synthèse sociale que notre époque attend encore pour jeter plus sûrement à bas tous les Yestiges du passé qui retardent la marche vers l'avenir. Sa théorie de la transformation des monopoles pri\·és en services publics est tout un programme pour les nations qui, par le suffrage universel, disposent ou vont disposer demain de leurs destinées. La majorité des socialistes français ont adopté celte théorie de César do Pacpe et un prochain avenir leur promet de magnifiques réalisations. Un Français deYait donc l'en remercier publiquement. Un des premièrs, il comprit que le monde n'est pas seulement gouverné par les faits, mais encore par l'idée. Il sut quel moteur puissa.nt est l'enthousiame appliqué aux nobles causes. Lui qui pratiquait le ric,·e ponr autrui avec un si complet oubli de soi, pouvait-il négliger ou méconna,itrc la puissance de l'effort moral T 11ne b méconnut pa.s, et ,·os regrets unanimes prouvent quïl sema dans un bon terrain. Par son enseignement démocratique, il tendit vos efforts Yers la liberté; par son enseignement socialiste, il tendit vos efforts vers l'égalité; par son exemple, il nous cnseigria la fraternité. Et le meilleur moyen d'honorer sa grande mémoire, c'est de travailler sans relàchc à réaliser son idéal. Français, j'adresse le salut suprème à César de Pacpc, l'ancien collaborateur de la Rice gauche, de l'É9alitt! et de Yingt autres journaux du bon combat. Socialiste, j'adresse le salut suprême à César de Paepe, mon collaborateur et mon maitre à la Reoue social~~te, ~\ César de Paepe, un des pères de la future église unirnrsellc de liberté, d'égalité, de fraternité; Internationaliste, j'adresse le salut suprême à César de Paepe, un des fondateurs de l'Association internationale deti travailleu1·s; Ami des dernières années, je pleure a,·cc mus l'irréparable perte que l'humanité vient de faire. César de Paepe est mort, vi,·e l'humanité! Que l'on nous permette encore une citation, mais de César de Paepe. Nous l'empruntons à l'un des derniers suppléments du Figal'o, dont le correspondant rend pleinement hommage à ce grand cœur, à ce grand esprit dont l'œuvre considérable aura été d'une rare fécondité, sans que lui-même ait jamais été capable <lerecueillir . de son travail le fruit que tout le monde en attend d'abord, la garantie du pain quotidien. « Les besoo-nes rémunérées où le commun des mortels cherche la 0 « première satisfaction n'ont jamais été pour lui que des moyens de « poursuivre ses chè1·esétudes ; et tout lui était bon : il ~ût trouvé « dans l'exercice de n'importe quel métier, fû~-ce le plus infime, de

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