MOU\'r.MENT SOCIAL E~ FRANCE ET A L'ÉTRANGER 103 Dùrours de J,•rin \'olrlt•rs. Xotre grande famille démocratique \'icnt d'être éprouvée par un terrible et irréparahle malheur. L'homme qui fut dans notre pay~ la plus pure el la plus haute incarnation des revendications populaires \'icnt d'e"pirer, ..1la consolation ne nous a pas été donnée de l'entourer à l'heure suprême. Au moins avon.- nous \'OUiu faire revenir sa dupouille, afin de la cons,•n·er pieusement parmi nous et do faire au cher mort que nous pleurons des obsèques dignes do lui. César de Paepc était pour le Parti ouHicr, au nom duquel nous rendons un hommage attendri à sa mémoire, un admirable 1·on,cilkr cl un incomparable défenseur. Sa \'ic entière a été consacrée a"ec une sninlc abnégation à l'u•uvre de rclèvomcnt populaire, dont il fui un des principau" artisans et un des plu~ puissants penseurs. L'cxbtcnce de la démocratie socialiste internationale et la sienne se confondent. Mieux que personne, a.,·ec une largeur de ,·ucs ~an~ pareille, une science admirable, il sut formuler et résumer en un corps do doctrines toutes les tendances du prolétariat rnodeme réclamant la. plénitude de ses droits. C'est lui surtout qui dépouilla tout ce que le socialisme doctrinal avait <l'aride cl de sec, pour soutier les théories nOUl'Cllesaux plus nellcs a,pira1ions et à la plus ahsolue fraternité. :-iul n'a. personnifié a,·ec plu., de vérito'.,et de grandeur que lui le socialisme contemporain, <1uià pa.s de géant. marl'ho à la. con11uétc du monde . .\ussi l'admiration et l'cstimo qu'il in,pirait étaiMt•elles uni,·crscllcs: el partout. où il y a. une d,,mocratic socialiste, dos hommes se désolent comme nous en pensant à la. perte de lïn<'omparablc cito} en que nous pleurons. Pour le Parti ouniér bcl){C, it la création duquel il l'Ollabora avec tout son dévouement et. toul ,on talent, il fut. un guide et un inspirateur qu'on ne remplacera. pas. Ses a\'is précieux, le trésor de connaissant"<'S qu'il avait amassé et qu'il nous prodi){uait, sont perdus pour nou,, cl <l,•sormais nous n'aurons plus pour nous assister les conseils paternels de celui ,\ qui nous a\'ons ,·oué une admiratien profonde cl une ardente tendresse. Il mcurl il la \"cille du jou,· - et ce fut uno de ses rares et dcrnillres joies que de le pressentir - où la démocratie va obtenir en llelgiquc la grande place qu'il rt\,·at1 eL amllitionnait pour clic. Ceux qui prot11eront. de son labeur et des efforts <1ui l'ont épuisé, coux qui récolteront cc <1u·,1fut le premier à semer, <'CU:\-làn.: pourront. ja.mais l'oublier et. entoureront sa mémoire d'un culte <le reconnaissance d d'amour. li fut de tous les pères du socialisme contemporain celui qui réunit. le plus complètement ces deux choses, la science et la. bonté. ::;on esprit était vaste comme le monde: il n'est pas une branche du savoir humain qu'il n'eût étudiée, cl c'était une surprbe même pour ceux qui vi\'aient dans l'intimité de ses affections et dans sa. pénsée que de l'entend ri! parlér n,·cc une érudition étonnante de sociologie, de médecine, de liiléralurc, <l'a.ri, dés milhl décou\'ertcs dont les travaux des savants enrichissent. l'arnir social. ~lais si son intelligence était mer,·eilleuse, sa. llonté était infinie : un croyant dirait justement. en parant de lui, qu'il était bon comme les anges du bon Dieu. Cc souffrant, dont l'âme et le corps furent meurtris par les blessures reçues en gra, issant. le long Calvaire de sa vie, oullliait toutes ses misères, toutes ses douleurs pour donner à un ami ou même à un inconnu malheureux les meilleures el les plus tendres consolations. La. fortune fut. a.rnrc et cruelle à son égard: il fut, lui, prodigue Jusqu'à l'exagération de tendresse, d'affection el de miséricordieuse uien\'eillance. Le désespoir pour nous est sans bornes, quand nous pensons que son sou-
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