92 LA REVUE SOCIALISTE telles que météorologie, climat, configuration, faune, flore, etc., pas crex.istence humaine possible. La population est le second facteur général de possibilité pour la Yie sociale~ puisque les indiYiclus humains sont les parties composantes clucorps social. Mais il faut toujours se garder de Yoir dans les combinaisons, résultant des facteurs antérieurs, la reproduction de phénomènes, identiques en sociologie et en physiologie, sous peine de s'écarter de la seule Yoiescientifique positii'e et de confondre des phénomènes de nature ,l issemblables. C'est pour éviter toute confusion, que de Greef a substitué l'ex.- pression cc superorganisme social » à celle cl' <c organisme » ou de « corps social.» L'ex.pression cl' cc organisme» lui a pn.n1insuffisamment précise et de nature à prêter à l'équiYoqne, en donnant une fausse idée de ce qu'est, scientifiquement, une société humaine. Nom; compl'enons très bien les raisons invoquées par l'auteur en faveur de son néologisme, mais nous craignons qu'il se soit ex.agérè les incon-,·énients de la terminologie usitée jusqu'à ce jour et qu'il n'ait pas préYu toutes les difficultés qu'il aura à faire adopter son mot nouveau. Quand on dit, en efiet, « organisme », ou bien « corps social », ces deux termes n'éveillent chez personne, croyons-nous, l'image d'un organisme proprement dit, mais bien l'idée d'un êtrn spécial, d'une constitution particulière n'ayant rien de commun a,·ec les fonctions ou la structure d'un incliYidu quelconque. Le terme employé jusqu'ici n'a clone rien de confus, et peut-être eût-il mieux. valu ne pas lui substituer celui de << superorganisme »? Mais c'est là un détail, et si nous le releyons, c'est parce qu'il a déjà donn~ lieu aux plaisanteries, d'ailleurs absolument déplacées, de M. Roux.el, clansle Journal des Economistes. Ayant ainsi tracé la ligne de démarcation entre la sociologie et les sciences antérieures, établi les facteurs primordiaux. externes sans lesquels il ne saurait y avoir de combinaisons sociales internes, l'auteur passe à l'examen général de celles-ci : III A l'origine de toute vie sociale, il trouye que les agregats d'in(livi<lusles plus rudimentaires accusent des phénomènes économiques, philosophiques, moraux, artistiques, une certaine administration de la justice et une direction plus ou moins coordonnée, c'est-à-dire politique, ne fût-ce qu'en vue de résister aux ennemis ùu dehors, bêtes ou gens. Une société absolument dépourrne de ces éléments ne serait pas une société, ajoute-t-il. Seulement ces phénomènes, tout en étant interdépendants, se produisent dans un ordre hiérarchique.
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