La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

UN ESSAI DE SYNTHÈSÉ SOCIOLOGIQUE !ll se ré<luit à nne question <le quantité, non de qualité. '< Si los agl'<'.i- '< gats sociaux ne sont que la représentation plus complexe et plus « considérable <les.unités qui les composent, observe de Greef, il « en résultera évidemment qu'il existo des phénomènes sociaux, u mais non pas que ces phénomènes soient distincts notamment des « phonomrnes biologiques ou psychologiques. Ils seront soumis, il « est n·ai, à des lois nécessaires ot feront partie du domaine scien- '' tifique, mais ils ne feront pas l'objet c1'unesçience spéciale appe- « lée sociologie ou autrement. $) - La c1ifférenciation et. la classification des sciPnces do,i,·ent aYoi1·pom' base une comploxité snpéJ'iourc rés\1ltant, non pas seulement du nombre et rle la grandeur de lem·s 6l6m0nts composants, mais bien et sm·tout clcséléments spéciaux qui ne se rencontrent µas dans les sciences spéciales. Tous les phénomènes physiquos, par exemple, ne sont pas arganiquos; ceux-ci ne sont pas ton:::i.ntcllccttl\)Js ni sociaux; ce quïl faut prou- -ver, pour la sociologie, c'est l'oxistcncc do signes particuliers inconnus aux. autres sciences. Est-ce à !lire, cependant, qu'il n'y ait point une ccrtaino analogie cnt1·cles ph('nomènes du ,lornaine de la socioloµ:ioet les phénomènes dont l'pnsomblc constitno l'objet dos scionce~ ant1·•1·ieures?De Greot est l()in ùc le nie1· et Yoici clans quC1lloslimites il l'admet : - 1, Si la « biologie rt la psychologie, (lui sont los scioncos imm6diat,cmcnt « ant6rieqres à la sociologie, maniieslont l"action clo fo1·ces,c·est- « à-ùire <l'llne distribution et redistribution incessante rle matière « et do mmIYement, suivant certaines lois dérivées de la composi- « tian chimique et physique rles tissus, il est cei·tain tiuo la socio- « logio, au moins clans ses caractères los plus généraux, présentera « cles phénomènes analogues. - Si le milieu ambiant rle la sociolo- « gie est à la fois inorp:anique ot organique, elle ne pourra certai- « nemeut correspondre avec ce milieu-là qu'en participant do oette « ùouble nature. Les phénomènes biologiques d'accumulation, de « dépense ou d'usure et ao rôparntion clos forces se continueront. « donc socialement dans les phénomènes économiques clela procluc- « tion, de la consommation et de la circulation, lesquels sont les « modalités inférieures de l'existence physiologique des sociétés. » - D'autre pn,rt, les modalités supérie~res de la vie sociale, les croyances, les mœurst la morale, la science, le droit et la politique, développeront socialement los phénomènes de la physiologie psychiqu~. Les sociétés humaines, ~n effet, subissent l'infl\lence rles conditions externes, inorg~n,iques et organique.s, sans lesquelles il n'y aurait pas de sooiétés: telle est l'influence du territoire, rlans lequel de Greef voit aYfülr~ison le facte.i1rprimaire de tout développement social. Sans territoire, en effet, c'est-à-dire les conditions d'habitat,

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